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« Trois siècles en cent ans »
Le regard de Jean Boissonnat
 

« Nous sommes en 2029. J’ai cent ans. Quand je me retourne, je ne vois pas un siècle. J’en vois trois. Celui de mon enfance, plein de bruit et de fureur, d’angoisse et d’ennui. Un siècle de chaos. Ensuite, celui du premier âge adulte, empli d’espoir, de bonheur familial, de responsabilités professionnelles, d’espérances sociales entrecoupées de crises et de déceptions. Un siècle de reconstruction. Voici que je suis entré dans un troisième siècle, celui du deuxième âge adulte et de la vieillesse qui s’allonge, de la nature qui souffre à vouloir suivre le rythme de l’économie et de la société qui s’énerve. Peut-être un siècle d’apocalypse. »

Tel est le triptyque que nous propose Jean Boissonnat dans son dernier livre : « 2029 ou Comment j’ai traversé trois siècles en cent ans » (éditions Salvator). Avec la pertinence de l’analyse, la clarté de l’expression, le don de la formule qu’on lui connaît.

Né en 1929, journaliste économique, essayiste, éditorialiste, Jean Boissonnat a cofondé L’Expansion avec Jean-Louis Servan-Schreiber en 1967. Diplômé de Sciences Po Paris, il a été membre du Conseil de la politique monétaire de la Banque de France et a présidé les « Semaines Sociales de France » de 1995 à 2000.

Denise Parisse qui a longtemps travaillé auprès de lui au Groupe Expansion, nous présente, dans l’article ci-dessous, cet ouvrage.

« Il faut expliquer pour comprendre ! »
Par Denise Parisse

« 2029 ou Comment j'ai traversé trois siècles en cent ans » Editions Salvator Cent ans en 195 pages ! Il faut avoir le talent journalistique de Jean Boissonnat pour maîtriser un tel exercice de clarté et de concision. Peut-être est-ce là la mise en pratique réussie de sa devise : « Il faut expliquer pour comprendre ». Et cet art de la pédagogie, dont il a le secret, fonctionne à la perfection dans son dernier livre : il nous explique et on comprend tout !

Une première partie : Le siècle de chaos, nous entraîne dans la crise. Celle de 1929. Elle serait, disent les historiens, comparable à celle que nous vivons aujourd’hui. Effectivement, Jean Boissonnat écrit : « La Bourse chute de 40 % en trois semaines, la faillite frappe 600 banques américaines. Très vite, la production s’effondre et le chômage explose… » ou encore : « Pendant toutes les années trente, les médecines ont aggravé la maladie, chez nous comme ailleurs : asphyxie monétaire, dévaluation intempestive, surévaluation inconsciente (cas du franc jusqu’en 1936), baisse des salaires, rigidité budgétaire, absence de concertation internationale… ».
Exemples à ne pas suivre nous conseille-t-il !

L’Allemagne, qui n’est pas épargnée, s’engouffre dans une folie bien plus meurtrière : elle se livre pieds et poings liés à Hitler : « Comment un peuple aussi évolué, marqué aussi profondément par une culture chrétienne a-t-il pu appeler au pouvoir un être aussi fruste, vulgaire, tragiquement déréglé ? » Pour essayer de comprendre ce mystère Jean Boissonnat met en scène un « face à face » virtuel entre le Chancelier Kohl et Hitler. Passionnant ! C’est Kohl qui aura le dernier mot : « Qu’est-ce que réussir ici-bas ? Une mère qui voit sourire son enfant ou un garde-chiourme qui ouvre le robinet à gaz ? Qu’est-ce que la grandeur, respecter les autres pour qu’ils vous respectent ou faire défiler cent mille adolescents bras tendus et conscience vide ? J’espère que l’on se souviendra assez longtemps de vous pour être en garde contre tous ceux qui vous ressemblent … »

De la Reconstruction aux sept crises.
Dans la deuxième partie Un siècle de reconstruction, l’élève, puis l’étudiant puis le journaliste économique Jean Boissonnat se construit. Après un passage au quotidien La Croix, il crée L’Expansion avec Jean-Louis Servan Schreiber - frère de Jean-Jacques, le fondateur de L’Express - Nous sommes en 1967. La diffusion de ce magazine économique atteindra 150 000 exemplaires, avant d’être confronté à Mai 68 et aux étudiants qui chantent : « On ne tombe pas amoureux d’un taux de croissance »… Le titre prend alors une connotation un peu décalée … mais, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, la croissance revient dans l’Hexagone, ainsi que les bénéfices dans le groupe de JLSS - comme on l’appelle (Il lancera, en 1986, toujours avec Jean Boissonnat, un nouveau mensuel : L’Entreprise, destiné cette fois aux PME).

Et comment France traverse-t-elle toutes ces années ? Elle se construit, ou plutôt se « re-construit » et se transforme.
Des années cinquante, le journaliste retient la personnalité emblématique de Pierre Mendès-France, qui met fin à l’Empire colonial mais ne peut pas éviter la guerre d’Algérie, puis celle de Jean Monnet qui bien que jamais élu du peuple, met à son actif la reconstruction après la Guerre (il est le premier Commissaire au Plan) et « inspirateur » de l’Europe dira de lui le général De Gaulle. Des années soixante jusqu’à l’arrivée de François Mitterrand (en 1981), l’auteur nous renvoie à un numéro spécial de L’Expansion intitulé « Les sept crises des dix dernières années » : crise de l’énergie, crise de l’équilibre économique avec l’essor du Japon et de ses voisins, crise industrielle née de la naissance des nouvelles technologies, crise monétaire avec la chute du dollar, crise de l’emploi, crise de la consommation et crise des comportements sociaux dans le prolongement de mai 68...
Toutes ces crises verront l’arrivée de la gauche au gouvernement, l’engagement du président Mitterrand, sur les conseils de Jacques Delors, en faveur d’une Europe économique et monétaire, le triomphe de la société de consommation… Et aussi, mais là personne ne s’y attend, la chute du mur de Berlin et l’effondrement du communisme.

Staline et Jean-Paul II
Pour illustrer ces bouleversements Jean Boissonnat fait appel à un deuxième dialogue imaginaire entre Staline et Jean-Paul II. « Voilà donc notre Pape aux prises avec un matérialisme à l’origine duquel sa propre foi n’est pas absente. Il peut légitimement se féliciter d’un siècle dans lequel les religions séculières ont échoué. Le nazisme d’Hitler sous le poids des armes. Le communisme sous l’effet de l’exemple. » Staline lui répondra « Nous ne sommes pas faits pour nous comprendre. Vous raisonnez sur ce que vous appelez des ‘ valeurs ‘. Je raisonne sur des forces. Je vois bien celles qui dominent aujourd’hui. Elles ne serviront pas vos valeurs… » Jean-Paul II répondra « Ce n’est pas à moi que vous allez apprendre que le Mal existe. Mais moi, je sais qu’un Esprit est là pour nous aider à le combattre sans recourir à des bains de sang. »

Il faut nous imprégner de cette philosophie pour aborder serein la troisième partie du livre : Un siècle d’apocalypse. L’auteur dit en effet : « Dans quatre cents ans, l’humanité aura peut-être disparu de la surface de la terre. Non pas parce qu’une catastrophe naturelle l’aura engloutie. Ni parce qu’un « hyper sida » l’aura décimée. Ni parce qu’une pollution l’aura asphyxiée. Ni parce qu’une famine l’aura affamée. Ni parce qu’un terrorisme chimique ou nucléaire l’aura massacrée. Simplement parce que l’espèce humaine se sera éteinte d’elle-même ».
Et d’étayer cette affirmation par de multiples démonstrations assez convaincantes pour donner envie de lire cette troisième partie - et les autres d’ailleurs - de ce « grand » petit livre, qui ne pouvait se conclure que sur un autre entretien « encore plus imaginaire » prévient l’auteur : Dieu et Satan.

En voici quelques extraits : « Satan (s’adressant à Dieu) : Cesse de m’accabler. De me mettre sur le dos tous les malheurs du monde…. Ne te plains pas si les hommes ne comprennent rien au Mal : tu te veux infiniment bon et le mal - physique et moral - résulte aussi de ta volonté puisque rien n’existe que tu ne l’aies voulu. La vérité, c’est que tu t’es trompé : tu as donné la liberté aux hommes … ». Ce qu’ils en ont fait, on le sait. Ce qu’ils en feront sera - souhaitons-le - la réponse que Dieu met dans la bouche de Saint Augustin : « Aime et fais ce que tu voudras … ».

C’est donc sur une note d’espoir et de musique - sa grande passion - que Jean Boissonnat nous propose de terminer ce 21ème siècle « qui a commencé avec la peur de perdre chez les riches, dont nous sommes, et l’espoir de gagner chez beaucoup de pauvres, à conditions que les riches ne les empêchent pas. » Et de conclure : « La ‘ Belle Epoque ‘ a fini dans le sang. A nous de baigner la nôtre dans l’espoir ».
Ce que Jean Boissonnat ne dit pas c’est que cet espoir existe sans doute déjà, à travers la communication désormais mondiale, instantanée, sans frontières, portée par les technologies nouvelles et les réseaux numériques - promesse d’un monde meilleur ?

Denise Parisse

- Jean Boissonnat « 2029 ou Comment j’ai traversé trois siècles en cent ans »
Editions Salvator - 2009 - Collection Forum

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