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CONJONCTURE
TPE du commerce et de l’artisanat :
2014, une"année noire" selon la FCGA qui n’entrevoit pas d’amélioration avant le second semestre 2015 ...
 

Alors que la macroéconomie donne des signes d’amélioration générale, la situation des petites entreprises (TPE) du commerce et de l’artisanat demeure préoccupante. C’est le constat de l’Observatoire de la Petite Entreprise de la FCGA (Fédération des centres de gestion agréés)* dans son bilan annuel réalisé en partenariat avec la Banque Populaire.

Yves Marmont, le président de la FCGA* n’hésite pas à qualifier 2014 d’« année noire pour les petites entreprises du commerce et de l’artisanat ! »

Avec une baisse moyenne de 3,2 % (contre -0,1 % un an plus tôt), l’activité des TPE chute dans tous les secteurs analysés. Le président de la FCGA ne se montre guère optimiste pour le premier semestre 2015 et préfère parler de « stabilisation de l’activité », avec des perspectives de reprise qui ne devraient se concrétiser qu’au second semestre, et encore pas dans tous les secteurs.
De son côté la Banque Populaire perçoit des signes encourageants parmi sa clientèle : les crédits d’équipements octroyés aux TPE et PME ont augmenté de 11% au cours des trois premiers mois de 2015. Ce qui manifeste, selon Michel Roux, directeur du développement de la banque, « un regain de confiance des dirigeants de PME qui anticipent ainsi par leur décision d’investissement une reprise de l’activité. »
Nous publions, ci-dessous, les commentaires d’Yves Marmont ainsi que les principaux résultats du bilan de l’année 2014 communiqués par la FCGA.

« Les TPE, après plusieurs années extrêmement difficiles, sont à bout de souffle »

Par Yves Marmont, Président de la FCGA*

Yves Marmont - FCGA

« 2014 est une année noire pour les petites entreprises du commerce et de l’artisanat. Globalement, l’indice d’activité régresse nettement de 3,2 % après une érosion de - 0,1% relevée en 2013. Les TPE, après plusieurs années extrêmement difficiles, sont à bout de souffle !

Tous les secteurs d’activité sont dans le rouge et l’absence de perspectives de reprise à court ou moyen terme mine la confiance des entrepreneurs.

La plupart des petites entreprises connaissent aujourd’hui des difficultés financières qui sont la conséquence directe du ralentissement économique. Les carnets de commandes rétrécissent, les demandes de devis se raréfient et les plans de charge de travail sont de plus en plus légers… Les trésoreries sont exsangues et la problématique du financement s’impose aujourd’hui comme une urgence vitale dans bon nombre de petites entreprises.

L’artisanat du bâtiment, qui était déjà dans la tourmente depuis quelques années, dévisse complètement en 2014. En moyenne, l’activité chute de 7,5 % ; ce qui représente un triste record... Mais, dans certaines professions du secteur comme l’électricité (- 8,7 %) ou le carrelage-faïence (- 12,1 %), la baisse d’activité est vertigineuse !

Socialement, l’impact sur l’emploi se ressent. Déjà engagée, la réduction des effectifs dans les métiers à forte main-d’oeuvre (bâtiment, restauration…) s’est poursuivie en 2014.

Il faut, à ce propos, saluer une fois de plus l’extraordinaire combativité des dirigeants de TPE pour pérenniser leur activité et protéger ainsi les emplois.

Affaiblissement sensible dans les services ...

En plus de l’effondrement historique de l’activité dans le bâtiment, que je viens d’évoquer, il faut signaler l’affaiblissement sensible des services dont le chiffre d’affaires recule de 3,7 % (contre + 3,1 % l’année précédente). Cette contre-performance s’explique principalement par l’aggravation de la situation des agences immobilières : - 9,4 %, contre - 1,5 % en 2013. Le déclin constant des transactions a considérablement fragilisé la profession qui est également confrontée à la concurrence numérique de certains sites spécialisés.
Beaucoup d’agences traditionnelles ont d’ailleurs fermé leurs portes ces trois dernières années.

Globalement, tous les autres secteurs enregistrent soit un recul net de leur activité, soit une amélioration relative qui ne suffit pas à les remettre sur le chemin de la croissance. Si le commerce de détail alimentaire a longtemps résisté à la crise, il commence à donner certains signes de fatigue… En moyenne, son chiffre d’affaires connaît une timide progression (+ 0,2 %) en 2014, contre une hausse plus nette l’année précédente (+ 1,4 %). Même si certaines professions du secteur comme la fromagerie-crèmerie (+ 2,4 %), la charcuterie (+ 2,0 %) ou la pâtisserie (+ 1,7 %) peuvent s’enorgueillir de chiffres en progression ou en relative stabilité (pour les deux dernières). Deux autres marchés semblent souffrir des arbitrages budgétaires des consommateurs par temps de crise : l’équipement de la maison (- 4,5 %) et l’équipement de la personne (- 3,8 %).

Quelques rayons de soleil sur l’eau froide ...

En définitive, très peu de professions sont parvenues en 2014 à se démarquer de la tendance négative générale… Outre les commerces de la fromagerie-crèmerie qui sont en croissance (+ 2,4 %, contre - 1,9 % un an plus tôt), la parfumerie enregistre une hausse surprise de 2,3 % de son chiffre d’affaires (contre - 3,6 % l’année précédente) et le commerce de cycles et de scooters progresse aussi (+ 1,4 %, contre une baisse de - 6,4 % en 2013).
Dans une moindre mesure, les entreprises de parcs et jardins (+ 1,1 %, contre + 0,9 %) ainsi que les cafés (+ 0,2 %, contre - 1,5 %) améliorent également leurs performances. Il serait simpliste d’avancer, pour chacune de ces tendances positives, une explication purement économique. Le comportement de ces marchés est soumis à une multitude de facteurs commerciaux, réglementaires et psychologiques qui peuvent influencer les pratiques des consommateurs. »

Yves Marmont, président de la FCGA

L’OBSERVATOIRE DE LA PETITE ENTREPRISE - BILAN 2014
« Une économie de proximité toujours frappée par la crise »

Sur les douze familles professionnelles (et 54 métiers) dont l’ activité est scrutée par la FCGA*, six enregistrent un chiffre d’affaires à la baisse, une affiche une performance identique, tandis que cinq améliorent relativement leurs performances en se contentant toutefois de réduire l’importance de leurs pertes.

LE PALMARÈS DES SECTEURS (croissance annuelle des chiffres d’affaires)

Les tops en 2014

- 1. Les crémiers-fromagers : +2,4 %
- 2. Les parfumeries : +2,3 %
- 3. La charcuterie : +2,0 %

Les flops en 2014

- 1. Les entreprises de carrelage-faïence : -12,1%
- 2. Les agences immobilières : -9,4 %
- 3. Les studios photo : -8,9 %

Cinq secteurs améliorent relativement leurs performances :

- Le commerce de détail alimentaire : +0,2 % (contre +1,4 % en 2013)
- La beauté-esthétique : -0,1 % (contre -0,4 % en 2013)
- Les cafés, hôtels et restaurants : -1,3 % (contre -1,4 % en 2013)
- La vente et réparation automobile : -1,5 % (contre -3,2 % en 2013)
- L’équipement de la personne : -3,8 % (contre -4,3 % en 2013)

Six secteurs enregistrent un chiffre d’affaires en recul :

- L’artisanat du bâtiment : -7,5 % (contre +1,6 % en 2013)
- L’équipement de la maison : -4,5 % (contre -3,9 % en 2013)
- Les services : -3,7 % (contre +3,1 % en 2013)
- La culture et les loisirs : -1,9 % (contre -1,6 % en 2013)
- Les métiers de la santé : -1,3 % (contre -0,9 % en 2013)
- Les entreprises de parcs et jardins : +1,1 % (contre +2,2 % en 2013)

Un secteur affiche un chiffre d’affaires stable : Les transports : +0,3 % (contre +0,3 % en 2013)

LE HIT-PARADE DES PROFESSIONS

En forme :

- 1. LES CRÉMIERS-FROMAGERS : +2,4 %

La profession réalise la plus forte hausse de chiffre d’affaires de l’année 2014, tous secteurs confondus. Insensibles à la crise, les fromagers séduisent les consommateurs par leurs atouts naturels : fabrication maison, authenticité des produits, recettes des terroirs… Depuis le début de l’année, à l’initiative de Carole Delga, Secrétaire d’Etat en charge du commerce, de l’artisanat, de la consommation, de l’économie sociale et solidaire, les professionnels qui effectuent un acte de transformation peuvent bénéficier du statut d’artisan. Une bonne nouvelle pour les 3 200 entreprises du secteur (60 % en boutiques et 40 % sur les marchés) qui se partagent un chiffre d’affaires de 820 millions d’euros.

- 2. LES PARFUMERIES : +2,3 %

Contre toute attente, sur un marché dominé par les grandes enseignes spécialisées, les parfumeries indépendantes regagnent des parts de marché en 2014. Si la distribution sélective, dans son ensemble, se porte globalement mieux que d’autres secteurs comme la coiffure ou les instituts de beauté, la concurrence de nouveaux entrants - pharmaciens en tête - inquiètent les professionnels du secteur. D’une manière générale, les tarifs des cosmétiques sont paradoxalement souvent moins élevés dans les officines. Ce qui explique, en partie, la baisse de fréquentation observée dans les points de vente ces dernières années.

- 3. LA CHARCUTERIE : +2,0 %

En léger recul par rapport à l’année précédente, l’activité des entreprises de charcuterie-traiteur affiche cependant un honorable +2,0 % (contre +2,2 % en 2013). A l’instar des fromagers (voir ci-dessus), les charcutiers sont clairement identifiés par les consommateurs comme de véritables artisans du goût. Produits traditionnels, recettes maison, portions adaptées, juste prix et conseil ... autant d’arguments de vente qui attirent la clientèle

En forme relative :

- Le commerce de cycles et scooters : +1,4 % (contre -6,4 % en 2013)
- Les entreprises de parcs et jardins : +1,1 % (contre +0,9 % en 2013)
- L’esthétique : -0,2 % (contre -1,2 % en 2013)
- La coiffure : -0,2 % (contre -0,5 % en 2013) …

À la peine :

- 1. LES ENTREPRISES DE CARRELAGE-FAÏENCE : -12,1 % !

Seconde année consécutive de baisse d’activité pour la profession, qui figurait déjà parmi les flops de l’année 2013 (-7,4 %). La suppression du taux réduit de TVA apparaît comme l’une des explications majeures de cette tendance négative. Ces entreprises artisanales souffrent également de la diminution des chantiers dans le neuf et du recul de la demande dans l’ancien.

- 2. LES AGENCES IMMOBILIÈRES : -9,4 %

Malgré la baisse des taux, la baisse des prix, malgré quelques frémissements ici ou là, les transactions ne décollent pas et l’activité des professionnels du secteur tourne au ralenti. Selon la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM), le nombre de transactions dans l’immobilier ancien s’élevait à 720 000 en 2014. En Ile-de-France, selon la même source, le volume d’opérations a même chuté de 25,4 % entre 2004 et 2014.

- 3. LES STUDIOS PHOTO : -8,9 %

Baisse de la demande de prises de vue, démocratisation des logiciels de traitement des images, développement de solutions de microédition personnelle, concurrence de photographes amateurs sur le segment de l’événementiel… Les studios photo traversent une profonde mutation qui leur impose de repenser complètement leur métier et d’inventer un nouveau modèle économique fondé sur la fourniture de prestations plus créatives (livres cadeaux, supports de présentation personnalisés, événementiel …). Depuis le 1er janvier 2014, l’allongement de 10 à 15 ans de la durée de vie de la carte nationale d’identité a également réduit significativement l’activité des photographes sur ce segment de marché.

- 4. D’autres activités en forte baisse : L’électricité (-8,7 %, contre +2,5 % contre 2013), la peinture (-7,9 %, contre +1,2 % en 2013), la maçonnerie (-7,7 % contre +1,3 % en 2013), la menuiserie (-7,5 % contre +3,5 % en 2013), la plomberie-chauffage-sanitaire (-7,4 %, contre +3,1 %)…

MÉTHODOLOGIE DE L’OBSERVATOIRE DE LA PETITE ENTEPRISE FCGA - BANQUE POPULAIRE

Tous les mois, près de 70 centres de gestion agréés (CGA), répartis sur l’ensemble du territoire national, transmettent les chiffres d’affaires, rendus anonymes, de leurs adhérents à la Fédération. Les indices d’activité sont calculés chaque trimestre, à partir des chiffres d’affaires d’un échantillon de 15 000 petites entreprises de l’artisanat, du commerce et des services. L’évolution des activités est pondérée par le nombre d’entreprises recensées par l’INSEE dans chaque secteur considéré. Un questionnaire est parallèlement adressé chaque trimestre à près de 2 000 petites entreprises représentatives, permettant d’établir le baromètre du moral des dirigeants et de leurs intentions d’investissement et de recrutement.

- * La FCGA en bref :

100 Centres de Gestion Agréés (CGA : Institués en 1974, les centres de gestion agréés (CGA) sont des structures associatives de proximité dont la vocation première est d’apporter, de manière indépendante, une assistance à la gestion et une sécurité fiscale à leurs entreprises adhérentes. Ils constituent un pôle remarquable de conseils collectifs : aide à la gestion, formation et prévention fiscale. Les TPE (1) bénéficient d’une offre pédagogique attractive : les CGA sont parmi les premiers centres formateurs de la petite entreprise avec plusieurs centaines de milliers d’heures annuelles de formation.

Créée en 1978, La FCGA est le réseau expert de la petite entreprise : 300 000 entreprises au travers de ses 100 CGA adhérents. Elle forme un réseau d’information et d’assistance aux petites entreprises présent sur l’ensemble du territoire national et capitalise une expertise économique et sociale reconnue de la petite entreprise - TPE. Elle dispose d’outils d’observation et d’analyse particulièrement fiables qui alimentent régulièrement une base de données statistiques métiers nationales et régionales très performante.

(1) 92 % des entreprises nationales ont moins de 10 salariés

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