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Initiatives
Qu’est-ce que la "finance solidaire" ?
Par Gérard Negreanu
 

Grâce à la Semaine de la Finance Solidaire (en novembre) et la remise de ses Grands prix annuels, nombre de Français ont découvert des outils de financement de l’économie sociale qu’ils ne connaissent pas, ou mal. Ils sont pourtant 800 000 à détenir, parfois sans le savoir, un produit d’épargne solidaire ...

La finance solidaire,
pourquoi, pour qui ?

Encore mal connue du grand public, la "finance solidaire" est pourtant une réalité. Qu’on en juge.

La finance solidaire, c’est :

-  800 000 français actionnaires
-  3,15 milliards d’euros d’encours
-  681 millions d’euros financés en 2010
-  34 000 emplois créés
-  25 000 familles logées ou relogées.
-  Des acteurs allant des plus grandes banques ( Natixis Interépargne, Crédit Coopératif, Caisses d’épargne, Crédit Agricole…), aux plus petites associations souvent inconnues du public.

Lorsqu’on place une partie de son épargne dans des supports ou des produits labellisés "finance solidaire", on pourrait se poser la question suivante : en investissant dans l’épargne solidaire, est-ce que je participe à une forme de mécénat ou bien est-ce que je pratique une forme de capitalisme déguisé ?

La réponse est difficile :
- Non, ce n’est pas du mécénat disent certains qui considèrent que ce type l’épargne n’est qu’une forme de micro crédit sur laquelle les banques essaient de faire leur miel à une époque ou les placements financiers font peur à tout le monde.
- Oui, c’est une forme de mécénat rétorquent d’autres, arguant du fait que les objectifs sont les mêmes : donner un coup de pouce et une chance à ceux qui veulent entreprendre sans en avoir au départ les moyens financiers.

D’ailleurs, à l’initiative de Michel Barnier en lançant il ya quelques jours le Social Business Act, la Commission Européenne a placé l’économie sociale et l’innovation sociale au cœur de ses préoccupations.Essayons d’y voir plus clair.

Quels secteurs d’activité peuvent bénéficier de l’épargne solidaire ?

Quatre grands secteurs sont concernés :

- l’emploi par l’insertion dans l’activité économique de personnes défavorisées,
- les activités sociales et le logement,
- l’environnement,
- la solidarité internationale.

Autant de secteurs que toutes les entreprises qui font du mécénat privilégient et où elles investissent. Temps, argent, compétences ou les trois à la fois.

Comment investit-on ?

L’apport de fonds – au départ individuel- peut se faire, pour des particuliers de trois manières :

-  En souscrivant à un placement "d’épargne solidaire" via sa banque ( livret, fond commun de placement…) et tous les établissements en proposent de nombreux,
-  Au travers d’un plan d’épargne d’entreprise - le salarié épargnant ne le sachant pas parfois, le contenu des PEE étant souvent assez opaque !
-  En devenant directement actionnaire d’un "financeur solidaire", ce qui se rapproche de l’activité des « business angels » qui font flores aux Etats-Unis.

Solidaire et ... rentable

« Un financement vertueux », soulignent les défenseurs de ce mode d’épargne, mais un financement quand même dont la finalité reste une forme de rentabilité. En argent sonnant et trébuchant. Les Fonds communs de placement ont souvent une rentabilité supérieure aux placements directs en actions d’entreprises, surtout depuis quelques années.

Mais c’est là où apparait une divergence avec le mécénat qui par essence même ne recherche aucune rentabilité financière dans ses actions. « Un compromis », comme le souligne François de Witt, le président de Finansol, l’organisme regroupant la plupart des intervenants dans la finance solidaire : « D’une manière ou d’une autre, l’épargne solidaire représente un compromis entre une épargne et un don. L’épargnant solidaire renonce en effet à une partie de son espoir de gain au profit d’une ONG ou d’une entreprise solidaire au sens le plus large du terme ».

Comment ça marche ?

- Dans la pratique, comment cela se passe t-il ?
C’est assez simple. Quand un épargnant souscrit à un placement d’épargne solidaire à sa banque ou via un plan d’épargne d’entreprise, une partie de son argent est investie dans un projet à fort impact social ou environnemental et ce par l’intermédiaire d’un organisme spécialisé dans le financement et l’accompagnement de ce type de projet. Il s’agit en général d’une association labellisée et fortement contrôlée. Une variante permet de souscrire, via la banque à un produit dit « de partage ». Une partie des intérêts générés par le placement est alors reversée, sous forme de don à une ou plusieurs associations que l’investisseur peut choisir. Revenant ainsi à une forme classique du don qui ne recherche plus aucune rentabilité financière.

Enfin, et c’est la dernière variante, l’épargnant peut aussi investir directement dans le capital d’un financeur solidaire. La totalité de son épargne est alors investie dans un ou plusieurs projets à fort impact social ou environnemental.
Il devient ainsi une forme de mécène privé qui, toutefois, ne mettra pas aux oubliettes qu’il en attend des dividendes. Il connait son risque, ce qui d’ailleurs fait dire à certains que la «  finance solidaire n’est autre qu’une forme de capital-risque dans des projets à haute valeur ajoutée sociale ou environnementale ».

Avantages fiscaux

Sur le plan fiscal- bien qu’il ne s’agisse en aucun cas d’une « niche »-, l’épargnant bénéficie pratiquement des mêmes avantages que ceux du mécénat. A savoir : une réduction d’impôt sur de 66% pour les revenus d’un produit de partage donnés à une association dans la limite de 20% du revenu imposable.

Par exemple : si une personne place 5000 euros sur un revenu solidaire et que ce placement lui rapporte 150 euros d’intérêts et qu’elle redonne 50% des revenus à l’association de son choix, (soit 75 euros), 66% à 75% (selon les associations) de ces 75 euros sont déductible de l’impôt sur le revenu. Pas de quoi faire fortune, mais une petite sucette qui est cependant attractive.

Qui sont les bénéficiaires de la finance solidaire ? Des cas concrets :

Quelques exemples concrets montrent que la destination des fonds collectés dans les tuyaux de la finance solidaire n’est pas du mal acquis pour leurs bénéficiaires. Ils permettent à nombre d’entreprises et d’associations de sortir de l’assistanat pour entrer vraiment dans l’économie.

- En Seine Saint- Denis, l’association Halage aide à l’insertion par la formation professionnelle dans le domaine de l’environnement. Des personnes en difficultés et en situation de précarité retrouvent ainsi le chemin du travail tout en œuvrant pour l’environnement. Depuis sa création en 1994, plus de 1000 contrats de réinsertion ont étés signés.

- A Rillieux-la-Pape (69), Entreprendre pour Humaniser la Dépendance (EHD), participe au financement, au rachat, à la rénovation ou à la construction de bâtiments destinés à accueillir des personnes en situation de rupture d’autonomie.

- A Toulouse, Websourd a développé un portail national d’information en langue des signes pour les malentendants.

- A Lille, Croc la Vie travaille dans la restauration collective bio pour les moins de trois ans.

Ces micro entreprises, (lauréates 2010 du Prix de la finance solidaire), se portent bien aujourd’hui. Elles se développent, embauchent, gagnent des marchés et certaines d’entre elles envisagent même de changer de statut pour devenir des SA ou SARL et ainsi pouvoir collecter des fonds sur les marchés financiers. Quand la situation le permettra !

La finance solidaire affiche donc un bon bilan. Et cette année, pour bien prouver qu’elle n’était pas uniquement hexagonale, elle a primé une entreprise totalement atypique : Cocovico, une coopérative de femmes ivoiriennes, qui en 2008, en pleine guerre civile ivoirienne, grâce à quelques fonds récoltés en Europe, ont créé l’un des plus grands marchés d’Abidjan où 5000 commerçants viennent quotidiennement vendre leurs produits. Et Cocovico rembourse ses prêts plus vite que prévu ! Au grand plaisir de ses actionnaires qui n’y croyaient guère !

Mécénat ou capitalisme éclairé ? Capital risque ou philanthropie ? A chacun de se faire son opinion. Mais une chose est sure : mécénat et finance solidaire tirent dans le même sens et poursuivent le même but : aider à s’en sortir ceux qui en ont la volonté…et pas forcément les moyens.

Gérard Negreanu

-A lire

Pour les entrepreneurs qui veulent se lancer dans la nouvelle aventure du travail solidaire et responsable, nous conseillons la lecture du livre qui vient de sortir aux éditions Eyrolles « L’économie humaine mode d’emploi » écrit par Jérôme Henry et Claire Séjournet. Il fourmille de mille idées pour créer son entreprise sur des créneaux, encore aujourd’hui porteurs. Et donne une multitude de conseils pratiques pour en trouver les financements. Notamment dans la finance solidaire.

- Plus d’info sur le site de Finansol

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