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Analyse
Pourquoi autant de Français rêvent d’entreprendre ?
Par Frédéric Albert, président de l’Institut THINK *
 

Comme le montre notre sondage (1) réalisé pour l’APCE, CER et le Salon des Entrepreneurs 2013, un Français sur trois garde dans un coin de sa tête l’idée de devenir entrepreneur. Certes, il y a une part de rêve indéniable chez ces 15 millions de Français qui aimeraient se mettre à leur compte – part de rêve qui concerne près de la moitié des jeunes de moins de 35 ans ! – il n’en demeure pas moins que le chiffre étonne toujours dans le contexte de l’année 2013, l’une des plus moroses, où le pessimisme est à son apogée : selon un sondage TNS (2) la confiance des Français dans l’avenir est passée de 68% à 39% en 20 ans ...

Alors, quelles sont les interprétations possibles de ce désir d’entreprendre ?
Les Français aimeraient-ils inventer un nouveau modèle du travail, moins fondé sur le salariat et plus tourné vers l’initiative individuelle ?

Pourquoi un Français sur trois a-t-il envie d’entreprendre ?

Frédéric Albert - THINKPar Frédéric Albert *

La crise économique, la hausse du chômage, la peur de perdre son emploi, la pression managériale des objectifs, entraînent-elles une remise en cause du salariat classique et poussent-elles les Français vers le « self-employment » selon l’appellation de nos voisins anglo-saxons ?

Est-ce la panne de l’ascenseur « triple S » - Salariat-Social-Sens -, qui les pousse à envisager un autre modèle de travail ? Est-ce la quête de bonheur, l’envie de défis, de vivre pleinement leurs passions qui les poussent à rêver d’une nouvelle aventure ?

Est-ce le bonheur qui se dégage de chaque créateur d’entreprise qui fait désormais des émules ?

Est-ce la meilleure perception de l’entrepreneuriat dans les familles et dans leur entourage qui ne voient plus d’un mauvais œil le fait de se mettre à son compte (comme le démontre la progression de 20 points en 10 ans de l’image de l’artisanat (3) - en partie due à la crise et aux plans de licenciement à répétition ?

Les simplifications administratives – outre la création du régime de l’auto-entrepreneur qui bénéficie d’une bonne image auprès de 81% des Français (4) - et l’accompagnement croissant des réseaux d’aide à la création et d’acteurs comme les experts-comptables, ont-ils contribué à ce que le nombre de créations annuelles passe de 170 000 à 550 000 en 20 ans ?

BESOIN D’INDEPENDANCE ET DE REALISATION DE SOI

Lorsqu’on analyse les moteurs de leur désir d’entreprendre, les Français "intentionnistes" motivent depuis longtemps leur choix avant tout par la volonté d’être indépendant : c’est la 1ère raison citée par 45% d’entre eux.

Mais que se cache-t-il derrière ce qui semble être une justification ?

Sans doute faut-il regarder les autres « drivers » de leur envie : le désir de s’épanouir (39%) ou le souhait de gagner plus d’argent (32%), alors qu’au même moment un sondage Ifop pour Enjeux-Les Echos (5), montre que 58% des Français pensent qu’il est encore possible, aujourd’hui, de faire fortune dans notre pays.

Pour mieux comprendre ces motivations explicites et implicites, sans doute faut-il également examiner les opinions des entrepreneurs qui sont passé à l’acte ou sont en train de le faire.

Dans un sondage Ifop réalisé auprès des nouveaux entrepreneurs (ayant créé depuis moins de 5 ans) pour Advancia (6), 64% d’entre eux affirmaient que la réussite entrepreneuriale c’était avant tout d’être indépendant c’est-à-dire n’avoir de compte à rendre à personne. Pour 62% d’entre eux, c’était d’avoir le plaisir de faire ce qui les passionne et pour 54% de gagner leur vie simplement en travaillant.

CHANGEMENT DE REGARD

Plus instructif encore, 57% constataient que le regard des autres sur eux avait changé depuis qu’ils avaient créé leur entreprise, 84% estimaient qu’ils avaient réussi professionnellement, bien que, dans le même temps, 53% d’entre eux avouaient que l’avenir de leur entreprise n’était pas encore assurée ...

Dans une autre étude issue de l’Observatoire permanent des porteurs de projets – réalisé pour CCI Entreprendre en France (7) – auprès d’un échantillon annuel de plus de 2 000 jeunes se rendant dans les Chambres de Commerce & d’Industrie avec un projet d’entreprise à concrétiser, 75% des jeunes expriment que créer leur entreprise serait pour eux une forme d’ascension sociale.

Les Cassandre diront que ce désir d’entreprendre est lié à la hausse du chômage ... Mais si on analyse les deux courbes (créations d’entreprises et chômage), elles étaient totalement déconnectés dans le passé.

La vérité est donc sans doute à la croisée de tous ces éléments qui nourrissent l’opinion, mais certainement aussi d’autres bouleversements comme la révolution digitale ou le sentiment partagé par bon nombre d’experts que le 21ème siècle doit inventer un nouveau paradigme : une nouvelle « révolution industrielle », une renaissance ?

Souhaitons que la France puisse réinventer un nouveau modèle économique pour sortir de la croissance nulle et revenir en première ligne lorsqu’on parle d’entrepreneuriat ; puisque, comme la rappelé Fleur Pellerin à Davos sur son compte twitter : « We can remind everyone that ‘entrepreneur’ is a French word ».

* Frédéric Albert est le Président-fondateur de l’ Institut Think qu’il a créé après un parcours de plus de quinze ans dans des sociétés d’études et de sondages (Ifop, Opinionway) et en cabinet de conseil (Cogef-Altedia).

Notes :

- (1) Sondage réalisé par l’Institut Think pour l’APCE et CERFRANCE à l’occasion du 20ème Salon des Entrepreneurs de Paris auprès de 1000 Français âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas (désir d’entreprendre des Français page 5, volet entrepreneurs page 25)
- (2) Sondage TNS pour La Poste réalisé en novembre 2012 auprès de 2400 Français âgés de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas.
- (3) Sondage OpinionWay pour l’Artisanat (FNPCA) (page 6) réalisé en juillet 2009 auprès de 1003 Français âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.
- (4) Sondage OpinionWay pour l’Union des Auto-Entrepreneurs (page 3) réalisé en juin 2010 auprès de 1047 Français âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.
- (5) Sondage Ifop – Advancia (pages 29 à 33) réalisé en mars 2007 auprès de 402 dirigeants de TPE ayant crée depuis moins de 5 ans.
- (6) Sondage Ifop – Enjeux Les Echos en janvier 2013 auprès de 1008 Français âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.
- (7) Observatoire Permanent des Porteurs de Projet d’entreprise Opinion Way – CCI Entreprendre en France réalisé entre avril et décembre 2011 sur la base de 2147 porteurs de projet de moins de 30 ans issus de 7644 répondants à un questionnaire papier auto-administré dans les CCI.

* Texte publié avec l’aimable autorisation de son auteur.

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