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Interview
Philippe Hayat :
« Il reste des verrous à faire sauter pour créer des entreprises de croissance... »
Propos recueillis par Jacques Gautrand
© L’EXPRESS - Octobre 2014
 

Le président-fondateur de "100 000 entrepreneurs", une association qui depuis 2007 sensibilise les collégiens et les lycéens à l’entrepreneuriat a accordé une interview à L’Express-L’Entreprise. A partir de son expérience de repreneur (Les Bâches de France ; Architel) et d’investisseur (Kangaroo Village ; Serena Capital), il explique ce qu’il faudrait faire pour que se créent et se développent en France davantage d’entreprises de croissance et d’ETI dont notre économie a cruellement besoin. Extraits.

« Il reste des verrous à faire sauter pour créer davantage d’entreprises de croissance... » Philippe Hayat Philippe Hayat

Question : En 2013, vous vous êtes fortement impliqué dans les premières Assises de l’Entrepreneuriat organisées par le gouvernement Ayrault à la suite de votre rapport *. Quel bilan en tirez-vous ?

Philippe Hayat : « Concernant les jeunes et l’entrepreneuriat, les Assises ont débouché sur trois décisions majeures dont je me réjouis :
- la généralisation de la sensibilisation des élèves à l’entrepreneuriat dans l’enseignement secondaire, de la sixième à la terminale ;
- une formation obligatoire à l’entrepreneuriat dans l’enseignement supérieur, quelle que soit la filière ;
- la création du statut de l’étudiant-entrepreneur.

Pour le reste, j’avoue rester sur ma faim. Les Assises n’ont pas levé les verrous qui freinent la croissance des entreprises et que j’avais pointé du doigt dans mon rapport de 2012 * : la fiscalité, même si les aberrations contenues dans le premier projet de loi du gouvernement ont pu être corrigées, le droit du travail, la valorisation de la recherche... Je regrette qu’aucun « ministre des entrepreneurs » ne porte aujourd’hui cette cause nationale. Mais je reconnais que Fleur Pellerin a fait un excellent travail avec la marge de manœuvre dont elle disposait. Comme Hervé Novelli et Renaud Dutreil dans des précédents gouvernements… »

Question : Quels sont les « verrous » qu’il faudrait faire sauter ?

Philippe Hayat : « Comme je l’ai argumenté dans mon rapport il faudrait concentrer nos efforts sur la création et le développement d’entreprises à fort potentiel de croissance. Celles qui créent l’emploi, la richesse et l’innovation. Sur les 550 000 entreprises créées annuellement, seulement 1000 dépasseront les 50 salariés à terme. Et quasiment aucune les 250 salariés…C’est dramatique ! Résultat, on ne compte que 4 500 ETI (entreprises de taille intermédiaire) en France - trois fois moins qu’en Allemagne ; deux fois moins qu’au Royaume Uni.

« Il faut arrêter de vouloir taxer le capital comme le travail, c’est un contresens historique ! C’est le capital qui crée le travail ... »

Il reste plusieurs verrous à faire sauter :

- « D’abord Le code du travail est trop rigide, totalement inadapté aux PME et les empêche de grandir. Il devrait apporter plus de flexibilité à l’employeur et davantage de formation au salarié, afin de lui permettre de rebondir vite en cas de licenciement.

-  La fiscalité est dissuasive. Elle devrait, au contraire, encourager ceux qui prennent des risques en capital : les entrepreneurs, les business angels, et les collaborateurs quand ils investissent dans leur entreprise. Il faut arrêter de vouloir "taxer le capital comme le travail", c’est un contresens historique ! C’est le capital qui crée le travail. Nous souffrons encore d’un certain dogmatisme sur cette question… En faisant fuir de nombreux investisseurs et entrepreneurs depuis trente ans, l’ISF nous a privés de milliers d’ETI.

Troisième problème : Il se crée moins de 1000 entreprises technologiques par an en France, c’est très peu comparé au nombre de laboratoires existants… Les pôles de compétitivité ne créent pas d’entreprises. Les unités de valorisation de la recherche dans les laboratoires publics ont un fonctionnement très administratif, elles sont mal armées pour déceler une « pépite » technologique et en faire un succès industriel. Il faudrait mettre des entrepreneurs à leur tête !

Je rêve de micro-clusters qui réunissent dans un même lieu l’université, un centre de recherche, un incubateur et des investisseurs, à l’instar de ce qui existe en Inde, en Israël ou aux Etats-Unis… Ainsi on pourrait créer au moins 2000 entreprises technologiques par an.

Enfin, il faut mieux accompagner nos PME pour qu’elles conquièrent des parts marchés à l’exportation et leur ouvrir largement l’accès à la commande publique – il nous faudrait un Small Business Act à la française.

En faisant sauter tous ces verrous, on pourrait passer de 4500 à 10 000 ETI.  »

Question : Pourquoi ne le fait-on pas ?

Philippe Hayat : « Parce qu’on manque de courage politique depuis trente ans, à droite comme à gauche. On encourage volontiers le micro-entrepreneur, celui qui crée par nécessité de retrouver l’exercice de son métier, et c’est bien sûr fondamental. Mais l’entrepreneur de croissance, celui qui crée par opportunité, reste suspect. Il faut refonder notre logiciel politique. Beaucoup d’hommes politiques ne savent pas ce qu’est une PME, comment elle fonctionne. Je déplore un manque cruel de culture micro-économique. Les entrepreneurs sont rares parmi les élus de la nation. Beaucoup de politiques parlent du capital comme au début du vingtième siècle.

A mon sens, le socialisme du 21ème siècle ne devrait pas opposer le capital et le travail mais permettre au plus grand nombre d’accéder au capital, permettre aux plus modestes de monter leur entreprise...
Mais j’ai bon espoir que les choses évoluent. » (...)

© L’EXPRESS - Octobre 2014

(*) « Pour un New Deal entrepreneurial - Créer des entreprises de croissance » - Octobre 2012

- Lire le texte complet de cette interview sur Lentreprise.Lexpress.fr et dans le Hors-Série L’Express-L’Entreprise "Les clefs pour devenir Entrepreneur" octobre-novembre 2014, actuellement en kiosque. L'Express-L'Entreprise H-S Création octobre 2014

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