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CONJONCTURE
Perspectives contrastées pour l’activité des TPE du commerce et de l’artisanat
L’Observatoire de la petite entreprise FCGA-Banque Populaire
 

Selon les données collectées par la FCGA (1), l’indice moyen d’activité des TPE du commerce et de l’artisanat est resté négatif en 2015 ( -1,7 % contre - 3,2 % un an plus tôt), ceci confirme la fragilité des petites entreprises. On observe néanmoins des tendances encourageantes pour certaines professions. La reprise sera-t-elle au rendez-vous en 2016 ? Explications et commentaires d’Yves Marmont, expert-comptable, président de la Fédération des centres de gestion agréés (FCGA).

(1) Voir la présentation de la FCGA en fin d’article

Yves Marmont :
« La situation des TPE du commerce et de l’artisanat reste extrêmement fragile »

FCGA : Nasser Negrouche et Yves Marmont Sur la photo : Nasser Negrouche (Priorité Client) et Yves Marmont, président de la FCGA

- Quel bilan dresse la FCGA de l’activité des TPE en 2015 ?

- Yves Marmont : « Même si l’indice moyen d’activité s’améliore en 2015 (-1,7%, contre -3,2% en 2014), la situation économique des petites entreprises du commerce et de l’artisanat reste extrêmement fragile. La timide croissance de l’économie française et l’absence de véritable reprise - malgré une certaine résistance de la consommation des ménages - n’ont pas permis un vrai redémarrage de l’activité dans les TPE.

L’année 2015, marquée par les attentats de janvier et novembre, a été extrêmement difficile pour l’ensemble des acteurs économiques. Le climat d’insécurité a évidemment entretenu cette morosité. Néanmoins, dans ce contexte particulièrement défavorable, on observe certains signes encourageants qui annoncent, peut-être, un redressement de l’activité dans les prochains trimestres.

Ainsi, l’artisanat du bâtiment, malgré un chiffre d’affaires en recul de 2,7% (contre -7,5% en 2014), semble sortir peu à peu la tête de l’eau. A l’exception de la plâtrerie-staff-décoration (-4,7%, contre -2,1% un an plus tôt), toutes les professions du secteur affichent des taux négatifs moins importants que ceux de l’année précédente.

On ne peut naturellement pas brandir cette tendance baissière, certes moins grave qu’en 2014, pour crier victoire. Mais la reconstitution progressive des chiffres d’affaires semble être bien engagée dans ce secteur-clé de l’économie de proximité ».

- Quid des autres secteurs d’activité ?

- Yves Marmont : « On relève, dans plusieurs autres secteurs, une amélioration relative de l’activité comparable à celle que je viens d’évoquer à propos de l’artisanat du bâtiment. Deux d’entre eux se distinguent nettement : l’équipement de la maison avec un chiffre d’affaires en recul de 0,2% (contre -4,5% en 2014) et le services dont les ventes régressent de -0,4% (contre -3,7% un an plus tôt). Dans ces deux cas, le mouvement de consolidation se traduit par une progression significative des chiffres d’affaires des professions représentées. Dans une moindre mesure, l’hôtellerie-restauration (-0,8%, contre -1,3%), les métiers de la santé (-1,0%, contre -1,3%) et l’équipement de la personne (-3,4%, contre -3,8%) s’inscrivent plus timidement dans ce mouvement d’amélioration relative.

D’autres secteurs, enfin, enregistrent sans ambiguïté un recul net de leur activité en 2015 par rapport à l’année précédente. C’est notamment le cas de la vente-réparation d’automobiles (-2,8%, contre -1,5%), la beauté-esthétique (-0,4%, contre -0,1%), le commerce de détail alimentaire (-0,8%, contre +0,2%), la culture et les loisirs (-2,1%, contre -1,9%) et les transports (-2,6, contre +0,3%) ».

- Tous secteurs confondus, quelles sont les professions qui parviennent tout de même à résister à la crise, voire même à augmenter leurs ventes ?

- Yves Marmont : « Cette année, la surprise vient des magasins spécialisés dans la vente de meubles domestiques (+3,7%, contre -7,0% en 2014). Après plusieurs années de vaches maigres, ces commerçants renouent avec la croissance sur un marché pourtant hyperconcurrentiel et largement contrôlé par les grandes enseignes spécialisées.

Si l’on met de côté ce cas relativement singulier, les professions qui enregistrent une progression franche de leurs ventes en 2015 appartiennent pour la plupart au secteur du commerce de détail alimentaire. C’est le cas des cavistes (+2,8%, contre -1,9%), des détaillants en fruits et légumes (+2,5%, contre -2,1%), des poissonniers (+1,4%, contre 0,0%). Une nouvelle fois, le commerce de détail alimentaire démontre son extraordinaire capacité de résistance à la crise.

Dans les services, il faut aussi souligner le redressement spectaculaire des agences immobilières (+3,4%, contre -9,4%) qui est intervenu dans un contexte de forte reprise des transactions ».

Propos recueillis par Nasser Negrouche

Panorama de l’activité des TPE du commerce et de l’artisanat en 2015

Extraits des résultats de l’Observatoire de la petite entreprise FCGA - Banque Populaire. ***

Les professions qui retrouvent le sourire :

- 1. Les magasins de meubles : + 3,7 %

Les commerces indépendants spécialisés dans la vente de mobilier tirent clairement profit du redémarrage inattendu de ce marché. Selon une note de conjoncture de la Fédération française du négoce de l’ameublement et de l’équipement de la maison (FNAEM), 2015 est l’année de la reprise pour les professionnels du meuble. Après trois exercices en recul consécutifs, le secteur retrouve enfin le chemin de la croissance et voit ses ventes progresser de 2,4 % sur l’ensemble de l’exercice pour atteindre les 9,34 milliards d’euros TTC.

- 2. Les agences immobilières : + 3,4 %

Dopée par la hausse des transactions, l’activité des agences immobilières s’envole en 2015. Après une stabilité au 1er semestre (entre 695 000 et 700 000 sur 12 mois glissants), le volume des transactions a augmenté de façon continue et rapide depuis le mois de juin selon la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM). Jusqu’à atteindre et peut-être même dépasser les 800 000 ventes en 2015, ce qui équivaut à une hausse de 15,6 %.

- 3. Les cavistes : + 2,8 %

C’est la plus forte hausse d’activité du commerce de détail alimentaire constatée par la FCGA en 2015. Les cavistes réalisent une bonne performance (+ 2,8 %, contre - 1,9 % un an plus tôt) dans un contexte pourtant marqué par une baisse constante du nombre de buveurs réguliers de vin. Qualité, services, conseils, produits de terroirs, autant d’atouts que peuvent déployer les indépendants du secteur pour séduire un consommateur sélectif. Le besoin de convivialité, le retour au "chez soi", la fête entre amis, sont des valeurs montantes en période d’insécurité et d’incertitude dont peuvent profiter les commerces de certains produits (vins & spiritueux, chocolats...)

- L’indice d’activité est aussi en progrès pour les commerces de fruits et légumes (+2,5 %, contre - 2,1 % en 2014), les poissonniers primeurs (+ 1,4 %, contre + 0,0 % en 2014), les fleuristes (+ 0,4 %, contre - 4,6 % en 2014).

Les professions qui sont à la peine :

- 1. Les studios photo : - 7,8 %
- 2. Les entreprises de carrelage-faïence : - 5,2 %
- 3. Les entreprises de plâtrerie-staff-décoration : - 4,7 %

- Et aussi…
les artisans électriciens (- 3,8 %, contre - 8,7 % en 2014), le commerce de cycles et scooters (- 3,8 % contre + 1,4 % en 2014), l’horlogerie-bijouterie (- 3,4 % contre - 3,9 % en 2014), le terrassement-travaux publics (- 3,6 % contre - 6,6 % en 2014), la peinture(- 2,9 %, contre - 7,9 % en 2014), la chaussure (- 2,7 % contre - 2,4 % en 2014).

État critique

Tous les secteurs analysés par la FCGA affichent en 2015 des taux d’activité négatifs (entre - 0,2 % pour l’équipement de la maison et - 3,4 % pour l’équipement de la personne) !

Sur 11 familles professionnelles dont les chiffres d’affaires (CA) ont été passés au crible par les statisticiens de la FCGA, 5 enregistrent une baisse de leur CA, tandis que 6 améliorent relativement leurs performances par rapport à 2014, tout en affichant un indice négatif ! Même s’ils font relativement « mieux » qu’en 2014, ces secteurs ne parviennent pas à rompre avec la tendance négative qui bride le développement de leur ventes.

- L’artisanat du bâtiment, locomotive économique des TPE, se redresse difficilement (-2,7 % contre - 7,5 % en 2014). Presque toutes les professions du secteur améliorent relativement leur chiffre d’affaires sans pour autant renouer véritablement avec la croissance.

- Le commerce de détail alimentaire concentre le plus grand nombre de professions affichant un chiffre d’affaires en progression : 4 sur 9 réalisent un taux d’activité au-dessus de zéro. Il s’agit des vins et spiritueux (+ 2,8 %), fruits et légumes (+ 2,5 %), poissonnerie-primeurs (+ 1,4 %) et crémerie-fromagerie (+ 0,4 %). Dans ce dernier cas, la tendance réelle est toutefois moindre comparativement à celle de l’année précédente (+ 2,4 %).

Aucun des 11 secteurs sondés ne peut se prévaloir d’une véritable progression d’activité en 2015...

Le palmarès des secteurs

6 secteurs améliorent relativement leurs performances :

- L’équipement de la maison : - 0,2 % (contre - 4,5 % en 2014)
- Les services : - 0,4 % (contre - 3,7 % en 2014)
- Les cafés, hôtels et restaurants : - 0,8 % (contre - 1,3 % en 2014)
- Les métiers de la santé : - 1,0 % (contre - 1,3 % en 2014)
- L’artisanat du bâtiment : - 2,7 % (contre - 7,5 % en 2014)
- L’équipement de la personne : -3,4 % (contre - 3,8 % en 2014)

5 secteurs enregistrent un chiffre d’affaires plus dégradé qu’en 2014 :

- La vente et la réparation automobile : - 2,8 % (contre - 1,5 % en 2014)
- Les transports : - 2,6 % (contre + 0,3 % en 2014)
- La culture et les loisirs : - 2, 1% (contre - 1,9 % en 2014)
- Le commerce de détail alimentaire : - 0,8 % (contre + 0,2 % en 2014)
- La beauté-esthétique : - 0,4 % (contre - 0,1 % en 2014)

Les perspectives 2016

Selon la FCGA, « les TPE, largement imbriquées dans le tissu économique, peuvent espérer tirer profit à brève échéance de la poursuite de la hausse du PIB et de ses répercussions sur la consommation en 2016. »

Cependant, « la situation reste tendue pour beaucoup de petites entreprises. »

- Ainsi dans le secteur du bâtiment, les perspectives d’activité en 2016 semblent plus favorables avec un moindre recul de la construction neuve et une progression de l’entretien-rénovation. Les différents dispositifs incitatifs mis en place en 2014 devraient continuer à stimuler le marché.

Selon la CAPEB, la baisse de l’activité serait enrayée, mais il est encore trop tôt pour parler de reprise.

- Dans le commerce de détail alimentaire, deux métiers retrouveraient des taux d’activité positifs en 2016 : la pâtisserie (+ 0,1 %), la charcuterie (+ 0,1 %)...

- Dans de nombreux autres secteurs, les prévisions d’activité de la FCGA restent négatives, même si certains indices "s’améliorent", tels que dans la restauration ( - 0,2 % en 2016, contre -0,6% en 2015) ou le prêt à porter (- 0,9 %, contre -3,9% en 2015).

*** Méthodologie de l’Observatoire de la petite entreprise FCGA -Banque Populaire

Tous les mois, près de 70 centres de gestion agréés (CGA), répartis sur l’ensemble du territoire national, transmettent les chiffres d’affaires, rendus anonymes, de leurs adhérents à la Fédération. Les indices d’activité sont calculés chaque trimestre, à partir des chiffres d’affaires d’un échantillon de 17 000 petites entreprises de l’artisanat, du commerce et des services. L’évolution des activités est pondérée par le nombre d’entreprises recensées par l’INSEE dans chaque secteur considéré. Un questionnaire est parallèlement adressé chaque trimestre à près de 2 000 petites entreprises représentatives, permettant d’établir le baromètre du moral des dirigeants et de leurs intentions d’investissement et de recrutement.

- (1) La FCGA en bref :

100 Centres de Gestion Agréés (CGA : Institués en 1974, les centres de gestion agréés (CGA) sont des structures associatives de proximité dont la vocation première est d’apporter, de manière indépendante, une assistance à la gestion et une sécurité fiscale à leurs entreprises adhérentes. Ils constituent un pôle remarquable de conseils collectifs : aide à la gestion, formation et prévention fiscale. Les TPE* bénéficient d’une offre pédagogique attractive : les CGA sont parmi les premiers centres formateurs de la petite entreprise avec plusieurs centaines de milliers d’heures annuelles de formation.

Créée en 1978, La FCGA est le réseau expert de la petite entreprise : 300 000 entreprises au travers de ses 100 CGA adhérents. Elle forme un réseau d’information et d’assistance aux petites entreprises présent sur l’ensemble du territoire national et capitalise une expertise économique et sociale reconnue de la petite entreprise - TPE. Elle dispose d’outils d’observation et d’analyse particulièrement fiables qui alimentent régulièrement une base de données statistiques métiers nationales et régionales très performante.

* 92 % des entreprises nationales ont moins de 10 salariés -

50% des TPE imposées au BIC sont adhérentes à un CGA

N.B. Rappelons une "subtilité" fiscale dont notre pays a le secret : l’adhésion à un CGA dispense l’entrepreneur de voir son revenu déclaré ... majoré d’office de 25 % !!! Une illustration de la culture de méfiance qui irrigue l’administration française...

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