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Insensiblement, la France est devenue un pays d’entrepreneurs. Une révolution silencieuse dans ce (...)

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STATISTIQUES
Les créations d’entreprises au plus haut !
L’étude annuelle de l’INSEE commentée par André Letowski *
 

591 000 entreprises nouvelles enregistrées en France en 2017, soit 7 % de plus qu’en 2016 : la création d’entreprises atteint son plus haut niveau depuis 2010, annonce l’INSEE dans son étude annuelle publiée le 30 janvier 2018, à l’approche du Salon des Entrepreneurs.

Les immatriculations des micro-entrepreneurs (ex-auto-entrepreneurs) augmentent plus (+ 9 %) que les créations d’entreprises individuelles classiques (+ 6 %) et de sociétés (+ 5 %).

L’Institut national de la statistique précise néanmoins que le nombre de créations d’entreprises "classiques" (349 000 au total, dont 198 000 sous forme de sociétés) est au plus haut niveau jamais mesuré.

- Cependant, il se confirme que ces nouveaux entrepreneurs créent d’abord leur propre emploi : seules 4% des entreprises recensées sont employeuses au moment de leur création... Celles-ci démarrent leur activité avec 2,6 salariés en moyenne.

- Les créateurs d’entreprises individuelles sont de plus en plus jeunes : en 2017, 37 % ont moins de 30 ans. La part des femmes créatrices se maintient à 40 %.

- Avec une hausse des créations de 14 %, le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques est le premier contributeur à la hausse globale, du fait notamment des activités de conseil sous le régime du micro-entrepreneur. Ce secteur devient ainsi le plus important en nombre de créations d’entreprises, devant le commerce.

- Source : INSEE Première N°1 685 / 30 janvier 2018. Les chiffres sont issus du fichier Sirene (répertoire des entreprises et des établissements) de l’INSEE ; ils intègrent les immatriculations des micro-entrepreneurs (ex-autoentrepreneurs).

Des chiffres à nuancer
par André Letowski *

La création d’entreprises progresse en France, tant entre 2016 et 2017 qu’entre 2012-2015 et 2017, plus en ce qui concerne les créations « classiques » en entreprise individuelle qu’en société. Le nombre des auto-entrepreneurs augmente entre 2016 et 2017, après avoir fortement diminué entre 2012-2015 et 2017.

Toutefois ces données ne rendent pas totalement compte du nombre précis de création dans la mesure où l’Insee se doit de clore l’année 2017, alors qu’il lui faudra encore deux mois pour disposer des chiffres réels (ajustement). Les deux premiers mois de 2018 incluront donc les régularisations relatives à la fin de 2017, lesquelles, de toute façon, seront modestes.

Je continue à utiliser le terme "auto-entrepreneur", et non celui de micro-entreprise, dans la mesure où ce dernier terme porte souvent à confusion (définitions différentes) et surtout du fait de la non-connaissance du poids respectif des auto-entrepreneurs (définition initiale) et des micro-entreprises (au régime social le plus souvent différent), conduisant à ce que vraisemblablement peu de micro-entreprises « d’hier » aient rejoint le régime initial des autoentrepreneurs...

L’INSEE fait état d’une progression de 6,7% des créations d’entreprises au regard de 2016 et de 9,3% au regard de la moyenne des années 2012 à 2015.

Si cette progression est remarquable, elle est bien inférieure à celle connue entre la moyenne des années 1995-2002 et celle des années 2007-2008, passant de 213 889 à 324 437 (une hausse de 52%), précédant l’adoption du régime de l’auto-entrepreneur en 2009.

Les créations selon les formes juridiques adoptées

En 2017, les sociétés comptent pour 33,5% des créations totales, les entreprises individuelles non auto-entrepreneurs pour 25,6% et les autoentrepreneurs pour 40,9%.

Si nous excluons les auto-entrepreneurs, les sociétés comptent alors pour 57% et les entreprises individuelles pour 43%.

Forte progression des entreprises individuelles

Les entreprises individuelles hors auto-entrepreneurs sont celles qui ont le plus progressé à la fois entre 2016 et 2017 (+6,5%), mais plus encore au regard de la moyenne des années 2012-2015 comparée à 2017 avec +44,9%.

Les créations de sociétés ont moins progressé entre 2016 et 2017 (+4,8%), tout comme, entre la moyenne 2012-2015 et 2017 (+20,6%). Sur la longue période on observe que le niveau des créations sous forme sociétaire stagne sous la barre des 200 000 unités.

Au sein des sociétés, les sociétés unipersonnelles au nombre de 99 774 ont connu une hausse de 9,6% au regard de 2016, vs 98 125 pour les sociétés avec porteurs de parts ou actionnaires avec +0,3%.

Les SAS (société par actions simplifiée) représentent 61% des créations en société, vs 30% en 2013 et les SARL 36% vs 66% en 2013. Toutefois ce sont les formes à associé unique ou unipersonnelles (SASU) qui priment : 37% pour les SASU vs 21 pour les autres SAS, mais pas pour les SARL (15% vs 21% SARL hors unipersonnelles).

L’INSEE souligne le succès des SASU : elles atteignent ainsi leur plus haut niveau depuis dix ans ! (ce type de société est devenu attractif ces dernières années en raison de règles de "gouvernance" allégées et aussi car elle permet au dirigeant de se salarier - NDLR).

À l’opposé, la part des sociétés à responsabilité limitée (SARL) ne cesse de diminuer : encore majoritaires en 2014 (57 %), elles ne représentent plus que 36 % des sociétés créées en 2017, après 40 % en 2016 et 48 % en 2015.

En proportion, le régime de l’auto-entrepreneur a perdu de l’importance au profit de la création classique, passant de 56% des créations en 2012 à 41% en 2017.

- On remarquera cependant la hausse des immatriculations d’auto-entrepreneurs entre 2016 et 2017 (+8,5%), alors que les années précédentes avaient connu une nette baisse (-18,2% entre 2016 et la moyenne des années 2012-2015).

Pourquoi une telle reprise en 2017 ? Sont-ce les annonces gouvernementales d’augmentations des plafonds de recettes autorisées et un regain d’intérêt porté à ce régime malgré son changement de nom ?

Si l’on observe seulement les données de décembre 2017 comparées à 2016, ce sont les auto-entrepreneurs qui affichent les meilleurs résultats (+16,3%) et les entreprises individuelles (+13,2%), alors que les sociétés sont en légère régression (-1,5%). il sera intéressant d’observer si ce résultat se prolonge au cours des mois à venir.

6,6% des entreprises créées (hors auto-entrepreneurs) embauchent des salariés dés le démarrage (ceci étant dit, rappelons aussi qu’il existe des dirigeants-salariés) Cette donnée doit toutefois être observée avec prudence dans la mesure où les enquêtes Sine nous montrent la montée en puissance au cours de la première année, même si leur flux demeure modeste.

Rien d’étonnant à ce que les activités les plus employeurs soient l’hébergement/restauration (15,9% ont des salariés, en moyenne 2,8), la construction (10,5% avec en moyenne 3,5 salariés), l’industrie (7,6% et 3,5 en moyenne), les services aux ménages (7,6%, en moyenne 2 salariés).

Embauchent moins souvent au démarrage les activités immobilières (1,8%), les activités financières et d’assurance (2,9%), l’enseignement et la santé (3,4%), activité de type intuitu personæ.

Quid des secteurs d’activité au sein des créations ?

Pour les entreprises "classiques", les progressions sont indéniables, si l’on observe 2017 comparé aux années 2012-2015 ; si l’on attribue l’indice 100 à 2017, les indices des différentes activités oscillent entre 70 et 88, avec l’exception de l’activité transports (indice 45), du fait de « l’ubérisation » (taxi et livraison à domicile).

Les progressions différent si l’on observe 2017 comparé à 2016 : pour les activités commerce, Hôtellerie-cafés-restaurants (HCR), finances et assurances, santé/éducation on ne peut parler de progression ; par contre, il y a progression au sein des autres activités qui comptent pour 58% des créations.

Quels sont les secteurs d’activité que ciblent les auto-entrepreneurs ?

La diminution du poids des auto-entrepreneurs est nette, passant de 55,9% des créations en 2012 à 40,9 en 2017. Cette diminution est forte pour les activités de main d’oeuvre ; l’auto-entrepreneuriat ne permet pas en effet de développer son entreprise (au sens d’investir ou d’embaucher puisque la déduction de ces coûts est quasi impossible dans nombre de situations).

Cette diminution est faible pour les activités de « matière grise », telles les services aux entreprises, la santé/éducation, les activités finances/assurances et immobilières, qui se prêtent aisément à s’inscrire dans une activité complémentaire ou d’appoint, pour laquelle le régime de l’auto-entrepreneur semble adapté.

A noter que les créations nouvelles (tout type de création) au sein des activités du secteur commerce ont connu une évolution fort différente : +8,1% pour le courtage, +3,3% pour le commerce de bouche, +2,3% pour le commerce et réparation auto, +1,8% pour le commerce de gros, mais 0% pour le commerce de détail.

Les activités de taxi et VTC qui avaient fortement augmenté en 2015 et 2016 (+32 et +47%) ont légèrement régressé en 2017 (-1,6%), alors que la livraison à domicile a poursuivi sa progression, quoique plus modeste qu’en 2016 ou 2015 (respectivement +64,2%, +246,3% et +341,6%)

Le statut juridique des entreprises en fonction de l’activité obéit à plusieurs critères : L’importance du statut en société au sein des créations classiques est significative à la fois en fonction de la clientèle ciblée (87% ou 72% pour les services aux entreprises), des risques encourus du fait d’investissements conséquents (70% en hébergement, restauration), ou encore de la spécificité d’une activité souvent réglementée (activités immobilières avec 67%, activités financières avec 92%).

Les créations en fonction de la région

L’évolution du nombre de créations d’entreprises entre 2016 et 2017 varie également fortement selon la région d’implantation.

Trois régions sont caractérisées par une augmentation d’au moins 8% : Île-de-France (+ 10%), Nouvelle Aquitaine (+ 8,1%), et Auvergne-Rhône-Alpes (+ 8%) ; elles couvrent 52% du total des créations !

L’Île-de-France contribue pour près de la moitié à l’augmentation globale (+16 300 créations sur 37 000). La hausse est due principalement à l’essor des créations dans les services aux entreprises avec +13 500 créations (dont 5 600 auto-entrepreneurs) et celle des livraisons à domicile (+3 300) ; en 2017, 59% des créations des transports et livraisons à domicile et 44% des créations des services aux entreprises (scientifiques et techniques ; conseils) ont lieu en Île-de-France.

C’est aussi dans la région capitale où les créations sont le plus souvent sous le régime de l’auto-entrepreneur (49% contre 38% en province) ou sous forme sociétaire (37% contre 31% en province).

Les autres régions de métropole ont une évolution comprise entre +3,4 et +5,2%.

- La contribution des DOM et TOM aux créations d’entreprises demeure modeste : 16 067 créations, ou 2,7% des créations françaises. Et l’évolution 2016/2017 reste faible (+2,4%), avec de fortes différences (entre +16,4% à Mayotte, +7,3% en Guadeloupe, ,2,7% pour la Réunion, mais -10,5% en Guyane, et -2% en Martinique).

Le profil des créateurs

Il est plus difficile de dresser un profil exhaustif des dirigeants, car on est contraint par la disponibilités des données Sirene : exemple, l’âge n’est connu que pour les dirigeants d’entreprise en nom personnel.

Les auto-entrepreneurs sont plus jeunes que les créateurs d’entreprise individuelle classique (41,3% ont au plus 30 ans vs 30,7) ou plus âgés (5,8% 60 ans et plus vs 4,6%) ; les créateurs d’entreprise individuelle classique ont plus souvent entre 30 et 59 ans (64,7% vs 52,8%).

Les plus âgés sont localisés dans les activités « traditionnelles » et comportant moins d’auto-entrepreneurs : industrie, construction, commerce entre 37,5 et 39,5 ans.

Les créateurs plus jeunes se lancent dans des activités en essor (nouvelles technologies). On les retrouven,t aussi dans les secteurs qui attirent beaucoup d’auto-entrepreneurs : transports (28,4 ans), information, communication (32 ans), voire le services aux entreprises, les activités techniques et scientifiques.

Les femmes sont à l’origine de 40% des créations en entreprise individuelle (notamment du fait du poids de l’auto-entrepreneuriat).

Il faut cependant souligner qu’on ne connait pas précisément l’importance des femmes créatrices d’entreprises sous forme de sociétés, car le genre du dirigeant n’est pas précisé dans ce cas (Les enquêtes Sine font apparaître qu’elles sont proportionnellement moins nombreuses). Il reste donc des progrès à faire en matière de statistiques de genre dans l’univers de l’entreprise.

* Expert en entrepreneuriat, André Letowski synthétise et commente les résultats de nombreuses enquêtes, études et rapports dans sa Note mensuelle d’analyses et d’études de janvier 2018.

Un Français sur quatre dit avoir envie de créer ou de reprendre une entreprise

25% des Français disent « avoir envie de créer une entreprise, d’en reprendre une ou de se mettre à leur compte » ; 8% disent « oui, certainement » et 49% « non, certainement pas » (25% "probablement pas").

Ce sont les résultats d’un sondage mené par Opinion Way pour l’Union des Auto-entrepreneurs (UAE) avec le soutien de la fondation Le Roch-les Mousquetaires et la participation de Sage à l’occasion du 25ème Salon des Entrepreneurs. (1)

L’envie de créer exprimée en 2017 est proche de la moyenne de 27% observée depuis 2000, mais avec une forte variation enregistrée depuis l’an 2000, allant de 20%, fourchette basse, à 37%, pic enregistré en janvier 2016 !

Comme dans les sondages précédents, les moins de 35 ans sont les plus enclins à la création(46% vs 30% pour les 35-49 ans et 11% pour les 50 ans et plus).

La CSP ne joue pas contrairement à d’autres sondages : 28 à 31% pour ceux en activité professionnelle ; par contre, le inactifs et les retraités sont peu demandeurs (14 et 5%).

Fait nouveau, à vérifier puisqu’en contradiction avec la plupart des sondages et travaux, les femmes expriment en 2017 avec la même intensité que les hommes l’envie de créer (25%).

5% des Français interrogés disent avoir envie de conduire ce projet dans les deux ans à venir. Soit, selon l’institut de sondage, un vivier de 2,6 millions de Français ayant mûri un projet de création d’entreprise à court terme... Même si seulement quelque 500 000 passent à l’acte chaque année.

La suite du sondage concerne les 25% ayant envie de créer/reprendre une entreprise.

Parmi ces 25%, 27% disent avoir préparé leur projet, soit 6,75% de l’ensemble des personnes interrogées.

Autre approche, parmi les 25%, 22% disent avoir envie de créer dans moins d’un an (5,5% des personnes interrogées) et 28% dans les 2 ans (7%), soit dans les 2 ans 12,5% des Français.

Parmi ces 25%, 56% choisiraient l’entreprise individuelle (dont l’auto-entrepreneuriat), 43% une forme sociétaire (dont 14% avec des associés actifs).

- 50% disent vouloir exercer en parallèle une autre activité. La tendance à une pluri-activité choisie se confirme.

Les motivations exprimées (items imposés) corroborent les réponses habituelles :

- Davantage d’autonomie (46%, 50% chez les femmes vs 42% chez les hommes)), donner plus de sens à sa vie (38%), être plus épanoui (36%), avoir plus de flexibilité (24%)

- Gagner de l’argent (38%, mais les plus jeunes situent cet item au même niveau que l’autonomie)

- Relever un challenge (23%, mais davantage chez les jeunes avec 31%). Dans ce cas, il s’agit moins de développer une entreprise, mais plutôt de mieux vivre sa condition au travail, voire de prendre distance avec le salariat...

Entre 74 et 84% des sondés souhaitent avoir accès aux mêmes droits que les salariés : assurance maladie, retraite, allocations chômage, droit à la formation, facilitation du regroupement …

Les futurs micro-entrepreneurs plébiscitent le travail en réseau (« ensemble on va plus loin ! ») et se montrent très intéressés par tout dispositif qui leur permettrait de s’associer pour travailler ensemble, ou par exemple de répondre à des appels d’offres, à condition qu’il s’agisse d’un montage juridique simplifié. Évitons les usines à gaz !

- (1) Méthodologie : 2 051 personnes de 18 ans et plus interrogées entre le 16 et le 18 janvier 2018 sur internet, soit 511 personnes exprimant leur envie de créer leur entreprise.

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