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Le voyeurisme sur la Toile, nouveau modèle économique
Par Denis ETTIGHOFFER
 

Denis Ettighoffer Spécialiste des TIC, auteur de nombreux ouvrages de prospective dont le best-seller "L’entreprise virtuelle", Denis Ettighoffer prolonge, dans cet article, sa réflexion en rebondissant sur l’essai de Jacques Gautrand, "L’Empire des écrans".

Ex collaborateur de Bossard Consultants, expert en innovation, consultant en organisation, spécialisé en management stratégique des technologies de l’information, Denis Ettighoffer est le président fondateur d’Eurotechnopolis Institut. Professeur consultant du groupe IGS (Institut de Gestion Sociale), il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles. Dont : "Du Mal travailler au Mal vivre", avec Gérard Blanc, ( Ed. Eyrolles, 2003), "L’Entreprise Virtuelle, nouveaux modes de travail, nouveaux modes de vie ?" (réédité par les Ed. d’Organisation, 2001), "Mét@-Organisations, les modèles d’entreprise créateurs de valeur", avec Pierre Van Beneden (Ed. Village Mondial, Prix Turgot 2001), "eBusinessGeneration, les micro-entreprises gagnent de l’argent sur Internet", ( Ed. Village Mondial, 1999), "Le Syndrome de Chronos" avec Gérard Blanc (Ed. Dunod, 1998 - Prix Rotary du Livre d’Entreprise).

Observant que le temps passé devant les écrans tend à devenir la première activité après le sommeil, Jacques Gautrand démontre dans son livre, « L’Empire des Ecrans » [1] que nul n’échappe à la résille planétaire, à l’artefact des écrans qui contamine nos cultures, devient le référent socioculturel mais aussi économique, selon moi, dans la mesure où il fait désormais partie des business models utilisées sur la Toile pour attirer le chaland.

La Toile devient la matrice d’une civilisation de voyeurs chroniques reliés à la vitesse de la lumière à tous les évènements qui affecte la planète numérique, amplifiant les émotions jusqu’à l’excès. « Les écrans sont partout ! Leur prolifération dans l’espace public comme dans la sphère privée ne fait que commencer. » Pour Jacques Gautrand, recyclant en permanence la rumeur du monde, les savoirs comme les grands mythes, entremêlant l’information et la fiction, le réel et le virtuel, le présent et le passé, le rationnel et le fantastique, stimulant nos désirs comme nos peurs, ce système comble en nous ce besoin invétéré d’admiration et de consolation. Pour lui, « L’Empire des écrans est le seul vrai rival des religions et des grandes idéologies en déclin : c’est la principale force qui rassemble et qui relie les hommes autour de l’autel lumineux des images. Puissance sans égale qui nous fait « communier » aux grands événements heureux et malheureux de la planète, l’Empire des écrans est aussi porteur de risques et de dangers. Il instaure une forme de dictature du « tout-voir » et du « tout-montrer ».

Il ne crée que des « communautés d’émotions » transitoires et éphémères, épidermiques, impulsives, versatiles et capricieuses ; il relie autant qu’il enferme les gens dans un individualisme et un narcissisme exacerbés : consommation compulsive d’images ; stimulation du voyeurisme et de l’exhibitionnisme ; extension infinie de l’espace du jeu et du divertissement ; accoutumance aux souffrances du monde ; banalisation de la violence ; perte de repères...

"La société spéculaire"

Jacques Gautrand préfère le terme de "société spéculaire" (du latin speculum, miroir, image) pour symboliser un ensemble de processus caractéristiques de notre modernité : activités conceptuelles incarnées par des représentations virtuelles ou simulées mieux à même d’illustrer toutes les formes de spéculations théoriques (activités de computation et de planification) et spéculations financières, symboliques aujourd’hui omniprésentes. Toutes ces activités « spéculaires », à fort contenu immatériel tiennent une place grandissante, tant dans la sphère productive (CAO/PAO) que dans la sphère de consommation (rôle de la publicité et des médias). Elles structurent aussi bien le champ public, professionnel, que le champ privé et domestique.

Enfin, conclut Jacques Gautrand, elles sont stimulées par la révolution numérique et télématique, et largement « intermédiées » par les technologies de la communication, les réseaux et les écrans qui incarnent, elles, les nouvelles formes de liens sociaux.

« Dans la "société spéculaire", l’essentiel n’est pas le produit mais le signe, pas l’objet mais l’image, pas le bien mais le lien. Ce qui devient central n’est pas "la marchandise" - tant décriée par les contestataires radicaux - mais le réseau et l’échange ». Au fond, nous-dit-il, la marchandise n’est que la partie visible, émergée qui focalise la tension et les critiques. « Aujourd’hui, on n’acquiert plus des biens pour leur valeur d’usage, mais pour leur valeur d’image. Pour leur dimension symbolique et relationnelle. Les biens marchands sont des vecteurs d’intégration à des communautés socioculturelles ; ils sont des instruments d’affirmation de soi, des supports identitaires et des signaux de reconnaissance. On n’achète plus seulement des chaussures pour se chausser, des vêtements pour s’habiller, des motos pour se déplacer, un mobile pour téléphoner, ou des loisirs pour se distraire, mais on veut s’approprier les signes extérieurs, les styles de vie et les statuts sociaux qui leurs sont associés - et qu’ils sont sensés, telle une onction magique, apporter à chacun. »

© Denis Ettighoffer - 2006

- Lire la présentation du dernier livre de D. Ettighoffer, "NETBRAIN"

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