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« L’Empire du mail » de Jean Grimaldi d’Esdra (éditions Librinova)

« Au commencement était le mail » semble être la nouvelle règle de fonctionnement des managers. S’il (...)

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Editions Fayard
"La République du copinage" - La France des réseaux influents -
de Vincent Nouzille
"Enquête sur ces élites qui accaparent le pouvoir"
 

Voici un ouvrage apte à satisfaire la curiosité de tous ceux - très nombreux ! - persuadés que la politique et l’économie sont manipulées par des forces occultes, des réseaux unis par une complicité de caste et d’intérêts plus ou moins avouables. Bref par le "copinage"...

Dans cette « enquête sur ces élites qui accaparent le pouvoir », Vincent Nouzille décrypte ces systèmes de pouvoir souterrain, leur fonctionnement et leur influence réelle. Ce grand reporter rompu aux enquêtes au long cours, passe en revue les groupes sociaux dans lesquels le "copinage"- échanges de bons procédés et renvois d’ascenseur- règne en maître.

Fayard 2011

"La République du copinage"
Quand les réseaux nuisent à la démocratie
par Rémy Arnaud

Qui n’a pas entendu évoquer l’influence solidaire de la franc-maçonnerie pour expliquer la brillante carrière de tel ou tel ? Qui n’a pas vilipendé la toute-puissance des énarques dans les décisions influant notre vie quotidienne ? SI l’on s’en tient au titre de l’ouvrage de Vincent Nouzille le "copinage" serait donc omniprésent dans tous les rouages de nôtre société ...

Fruit d’une longue enquête, cet ouvrage nous entraîne au coeur de la "France des réseaux" : nominations, décorations, prébendes, marchés et contrats s’octroient en fonction de l’entregent. Des conseillers occultes et intermédiaires multicartes prospèrent dans les allées du pouvoir. Des élus devenus avocats ou « consultants » monnaient leurs carnets d’adresses. Des hauts fonctionnaires "pantouflent" dans des groupes privés, les ambitieux se placent, les lobbyistes s’activent, les gourous de la com’ surfent sur la crise et les princes des médias se transforment parfois en courtisans.

Ignorant la crise, le microcosme se protège, entre révérences et connivences. Les réseaux servent surtout d’assurance aux puissants pour préserver leurs privilèges ...

Dans cette « enquête sur ces élites qui accaparent le pouvoir », Vincent Nouzille décrypte ces systèmes de pouvoir souterrain, leur fonctionnement et leur influence réelle.
Ancien grand reporter à L’Expansion et à L’Express, aujourd’hui journaliste indépendant, l’auteur est un familier des investigations politico historiques. : « Les dossiers de la Maison blanche et de la CIA sur la France », « Les parrains corses », « Députés sous influence » etc. ses derniers livres font de lui un connaisseur des ressorts intimes et souvent cachés de notre société.

En chroniqueur aussi méthodique qu’érudit, l’auteur passe en revue les groupes sociaux dans lesquels le "copinage"- échanges de bons procédés et renvois d’ascenseur- règne en maître. Il révèle comment ceux-ci imposent discrètement leur loi et comment la plupart transcendent les camps politiques. Mieux, ils préemptent l’avenir.
Francs-maçons, énarques, diplômés d’HEC, communicants, Corses, gays ou cathos : tous tirent déjà les ficelles pour tenter de se placer dans les coulisses du pouvoir.

Dîners du "Siècle"

Sous le titre évocateur « le pouvoir à tout prix », on fait connaissance avec ces réseaux, peu connus du grand public, dans lesquels évoluent nos Rastignac contemporains. A commencer par l’incontournable et très élitiste « Club du Siècle » (créé par Georges Bérard-Quelin le fondateur de l’influente Société générale de presse éditrice de lettres confidentielles) dont les diners rassemblent la fine fleur de la classe dirigeante : hauts fonctionnaires, grands patrons, journalistes en vue et naturellement hommes ou femmes politiques.

Un lieu suffisamment consensuel pour que les socialistes Martine Aubry, Laurent Fabius ou Jack Lang puissent y discuter librement avec des dirigeants du CAC 40 devant une bonne table.

Mais l’ouvrage nous entraine aussi dans les arcanes de tous ces réseaux, plus informels, qui se sont développés dans le sillage du Président Sarkozy : anciens du Fouquet’s, relations de Carla Bruni et surtout les « visiteurs du soir ». Cette brochette de personnalités qui à l’heure du dîner viennent dispenser quelques conseils au locataire de l’Elysée : grands patrons comme Serge Dassault (propriétaire du Fiigaro) ; hommes d’affaires multicartes comme Alexandre Djouri et bien sûr l’incontournable Alain Minc, archétype de l’homme d’influence que l’on retrouve dans d’autres réseaux de pouvoir comme celui des inspecteurs des finances.

Cette brochette de brillants sujets sortis dans "la botte" de l’ENA (les premières places) truste depuis des lustres les postes les plus élevés des secteurs publics et privés, tout en développant une stratégie imparable pour défendre leur pré carré. Parmi ces accros du pouvoir on retrouve aussi tous ces élus qui font fructifier leur carnet d’adresse, à l’image de Jean-François Copé qui député et maire de Meaux, responsable de l’UMP, trouvait encore le temps d’apporter ses lumières, c’est-à-dire ses relations, au très prestigieux cabinet d’avocat Gide-Loyrette.

Et que dire de ces gourous , ces conseillers des gouvernants, capables de servir successivement la droite et la gauche, à l’image de Jacques Séguéla, passé sans état d’âme du service de François Mitterrand-rappelez-vous son slogan la « force tranquille » dont il fut l’inspirateur - à l’intimité de Nicolas Sarkozy, ou encore de Jacques Pilhan conseiller en communication du même Mitterrand et poursuivant, avec le plus grand naturel, sa mission avec Jacques Chirac.

Noblesse d’Etat

Mais il n’y a pas que dans les allées du pouvoir que les réseaux jouent leur rôle. On en retrouve partout à des niveaux plus modestes.

Evidemment on n’échappe pas a un couplet sur les Francs-Maçons dont le nombre dit-on s’accroit, à l’inverse de leur influence qui n’est plus tout à fait celle qu’ils eurent sous la Troisième République. La franc-maçonnerie moderne semble désormais être plutôt constituée par les réseaux des grandes écoles à commencer les plus prestigieuses : Polytechnique, ENA, HEC qui accentuent leur puissance par une solidarité savamment entretenue, les annuaires des anciens devenant le meilleur des sésames pour faire carrière ou trouver des marché. Au point qu’on a qualifié les diplômés de ces grandes écoles de « noblesse d’Etat » (en référence à l’Ancien Régime).

On connaissait le poids de la « mafia polytechnicienne », de plus en plus les anciens HEC s’inspirent de ce modèle. Jadis cantonnés dans les fonctions traditionnelles des entreprises privées, marketing et finances, les voici désormais à l’assaut de ces lieu de pouvoir par excellence que constituent les grands médias. Avec des dirigeants comme Rémy Pfimlin , patron du la télévision publique, ou des figures connues du petit écran comme Claire Chazal ou Emmanuel Chain ou encore dans la presse écrite des deux principaux responsables du Monde : Eric Israelevicz et Louis Dreyfus.

Réseaux religieux

Mais si la franc-maçonnerie joue depuis longtemps un rôle dans la Cité les grands mouvements religieux ont aussi tissé leurs réseaux d’influence. Tandis que l’Eglise catholique voit son poids culturel et politique diminuer, y compris dans ses régions traditionnelles d’enracinement, l’Ouest et l’Alsace, les institutions musulmanes font entendre leur voix auprès des politique lorsqu’il s’agit de problèmes liés à l’immigration ou au traitement de la diversité. Et que ne reproche-t-on pas à la communauté juive de peser à travers ses institutions comme le CRIF sur la politique de la France à l’égard d’Israël et du proche-Orient ?

Et Vincent Nouzille n’hésite pas à èvoquer - ce qui aurait été un sujet tabou, voire inconvenant il y a quelques années- le pouvoir des réseaux gay. Connus pour leur présence importante dans les milieux artistiques et culturels ils investissent de plus en plus le champ politique avec des personnalités emblématiques comme Pierre Bergé, fondateur de St-Laurent, ou Christophe Girard, adjoint à mairie de Paris. Leurs réseaux ont largement inspiré la création du PACS et défendent de tout leur poids le projet de mariage homosexuel.

Arbitraire et secret

Reste à savoir si notre République pratique plus le copinage que les autres grandes démocraties. L’auteur, extrêmement bien documenté sur des sujets où la transparence n’est pas de mise, ne répond pas à cette question. En tout cas s’il ne condamne pas à priori toutes les formes de réseaux, qui après tout prennent souvent des formes légales dans notre vie démocratique qui reconnaît largement le rôle des "corps intermédiaires", il déplore les dérives du système : « Le fonctionnement actuel des réseaux de pouvoir comporte des défauts majeurs qui empêchent de les considérer comme fondamentalement sains. Tout d’abord il repose trop souvent sur l’arbitraire et le secret ... Ensuite l’argent irrigue excessivement le système. Les groupes de pression les plus dotés ont davantage de poids que ceux qui ne disposent que de faible moyens ... Cette dérive alimente le sentiment injustifié du « tous pourris » qui fait le lit des extrêmes. Là encore la transparence manque, et rend d’autant plus urgent le retour à une certaine équité et à une morale publique »

Rémy Arnaud

- La République du copinage.
Enquête sur ces élites qui accaparent le pouvoir.
Par Vincent Nouzille.
Fayard - 382 pages

(*) Vincent Nouzille est journaliste indépendant, après avoir été notamment grand reporter à L’Express et à L’Expansion. Il est l’auteur ou le coauteur d’enquêtes de référence comme Les Parrains corses (avec Jacques Follorou, Fayard, 2004), Députés sous influences (avec Hélène Constanty, Fayard, 2006), Des secrets si bien gardés (Fayard, 2009) et Dans le secret des présidents (Fayard/LLL, 2010).

- Découvrez "La France des réseaux", la version Web complémentaire de cette enquête, avec textes, photos, portraits, etc. sur lafrancedesreseaux.com

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