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L’éditorial de Jacques Gautrand - Novembre 2010
Economie française : produisons du futur !
 

Les mouvements sociaux déclenchés par la nécessaire réforme de notre système de retraites, et les inquiétudes exprimées à cette occasion par les jeunes révèlent un malaise profond dans la relation des Français au travail.

C’est un sujet que nous avons fréquemment abordé sur ce site et sur lequel il faut sans cesse revenir. Car c’est une source de difficultés et de blocages propres à notre pays.

La France souffre d’un sous-emploi structurel aux deux bouts de la vie active : entrée tardive dans le travail après enchaînement de stages, de périodes d’intérim, de chômage et de CDD ; "dégagement" précoce des quinquagénaires des entreprises ... Les négociations qu’on annonce entre partenaires sociaux sur ces sujets sont les bienvenues. Des engagements concrets et la réplication de bonnes pratiques (expérimentées chez nous ou à l’étranger) sont urgents.

Si tant de salariés aspirent à partir le plus tôt possible en retraite ... c’est que l’ambiance au travail dans beaucoup d’entreprises n’est pas satisfaisante ...

Produisons du futur !

Si tant de salariés aspirent à partir le plus tôt possible en retraite ... c’est que l’ambiance au travail dans beaucoup d’entreprises – et notamment des grands groupes - n’est pas satisfaisante. Moins, la plupart du temps du fait de questions matérielles et salariales, que de mauvaises relations entre les personnes, principalement avec la hiérarchie ou son manager : ceci dénote un déficit de management. Beaucoup d’enquêtes soulignent le manque d’écoute et de considération perçu par les salariés de la part de leurs supérieurs.

"Sanction positive"

En France, contrairement à ce qui se passe dans les pays anglo-saxons, on ne connaît dans le travail que la « sanction » négative : on ne sait pas suffisamment remercier, encourager, stimuler, dire le petit mot approprié, consacrer du temps à l’échange informel ...

La bureaucratie et l’usage immodéré des Intranet ont appauvri les relations interpersonnelles au sein des équipes de travail et dilué les processus de décision. On parle d’«  Excel management  » pour railler cette tendance actuelle des managers à se décharger sur les outils électroniques de la charge de l’encadrement et de l’animation d’une équipe, alors que celle-ci relève avant tout de l’art des rapports humains. Il en résulte un déficit notable de management, lequel devrait avoir comme objectif premier de faire progresser ses collaborateurs pour "gagner ensemble" ...

Il faut refonder l’ « affectio societatis »
En faisant des salariés la première variable d’ajustement aux aléas de la conjoncture, l’entreprise moderne a détricoté le lien communautaire, dégradé le sentiment d’attachement qui existait du temps du capitalisme familial. Qu’on ne s’étonne pas ensuite de voir se développer les comportements de « salariés mercenaires » qui ne s’intéressent qu’aux primes et aux bonus. Et prêts à passer à la concurrence avec armes et bagages ...

- On remarquera que dans la course aux avantages concurrentiels, les entreprises gagnantes sont souvent celles qui ont su cultiver motivation et implication de leurs collaborateurs pour offrir plus de qualité, de service rendu au client, stimuler la créativité et la prise d’initiatives ...

L’association des salariés au capital (aujourd’hui trop peu pratiquée) est certainement un des meilleurs moyens de conforter ce lien à l’entreprise. Selon une étude internationale de Kelly Services publiée en septembre, 63% des salariés sondés en France estiment que la détention d’actions de leur entreprise renforcerait leur motivation au travail ...

Partager un idéal ; se dépasser dans un projet plus grand que soi ...

- La responsabilité des élites dirigeantes est de produire du futur. Il leur incombe de faire partager aux citoyens un projet de société.
Même si elle est désormais in-dis-pen-sable et urgente, la réduction des déficits publics ne peut, en elle-même, constituer le ciment de mobilisation d’un peuple. Celui-ci a besoin qu’on lui donne un idéal dans lequel il puisse se reconnaître, dépasser son horizon quotidien, et se dépasser dans la construction d’un monde meilleur. Trop d’hommes politiques (est-ce leur formation qui l’explique ?) se sont laissés enfermer dans des rôles de gestionnaires, de techniciens experts ...

La remarque vaut aussi pour les dirigeants d’entreprise qui se replient souvent aujourd’hui dans un costume de contrôleur de gestion ou de directeur financier ...
Non qu’ils doivent renoncer à être de bons gestionnaires – c’est la base du métier ! Mais ce que ses collaborateurs attendent d’un patron, c’est d’être capable de leur faire partager une ambition, un projet. Telle est précisément la vocation de l’entrepreneur que de faire advenir autre chose que l’existant ...

Fixer des objectifs financiers à atteindre ne suffit pas à créer la motivation. Il faut dessiner un futur possible. Un futur qui demande à chacun d’apporter sa pierre à sa construction et lui permette de se réaliser dans un projet plus grand que soi : « Ici on ne casse pas des cailloux, mais on bâtit des cathédrales ... », vous connaissez l’anecdote .
Ce projet à bâtir ensemble n’a pas besoin d’être mirobolant : cela peut être une innovation à mettre en œuvre, un meilleur service à apporter à ses clients, une meilleure organisation à inventer, imaginer des façons différentes de travailler pour réduire le stress et le temps perdu ... mais il doit mettre tout le monde en mouvement !

- Produire du futur, c’est aussi repenser notre modèle économique : depuis des décennies, la croissance du PIB de notre pays repose essentiellement sur la consommation des ménages (nourrie par les énormes flux de transferts publics). Or, consommer c’est préférer le présent au futur ! Nous avons besoin de réhabiliter l’investissement, pour renouveler les bases productives de nos entreprises, rénover les process de production et d’échange, investir dans l’immatériel, les compétences, l’innovation, l’intelligence collective ... Il est donc urgent de recycler les immenses stocks d’épargne dite de "précaution" (pour ne pas dire par peur de l’avenir !) dans l’investissement productif (privé et public) seul capable de préparer notre avenir.

- Pour sortir de la morosité ambiante et du mal-être au travail, il faut que dirigeants, salariés, syndicats acceptent d’affronter ensemble les questions qui conditionnent notre futur.
- Comment redonner sens au travail ? - Comment travailler mieux ? - Comment créer 4 millions d’emplois pour résorber notre chômage structurel ? - Comment augmenter notre « valeur humaine ajoutée » et pas seulement nos résultats financiers ? - Comment renouveler notre modèle économique ? - Comment enclencher une croissance durable plus respectueuse de l’environnement et plus soucieuse de l’Homme ?
Voici des enjeux à prendre à bras-le-corps. Et vite.

Jacques Gautrand
Jgautrand [@] consulendo.com

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 Présentation
 Jacques Gautrand Conseil

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