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« L’Empire du mail » de Jean Grimaldi d’Esdra (éditions Librinova)

« Au commencement était le mail » semble être la nouvelle règle de fonctionnement des managers. S’il (...)

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Enquête
Heureux comme un freelance dans le monde
Par Michel Paysant *
 

Une enquête américaine nous éclaire sur la situation des freelances dans le monde, leurs motivations, leurs problèmes, leurs ambitions et la perception qu’ils ont d’eux-mêmes.

Réalisée par l’International Freelancers Academy (1), un organisme de formation des freelances aux Etats-Unis, en juin 2012, cette enquête a recueilli 1 491 réponses, en provenance du monde entier (78 % aux USA, mais aussi 11 % en Europe).
Michel Paysant, le directeur et l’éditeur de la Cybergazette * nous en fait l’analyse pour les lecteurs de Consulendo.com

Radioscopie de l’échantillon.

L’âge des freelances couverts par l’enquête se situe à 75 %, entre 30 et 60 ans. Les femmes dominent l’échantillon : 71 % ! Plus intéressant, la majorité, 34 %, a plus de 10 ans d’exercice en tant qu’indépendant(e), et 66 % l’exercent à plein temps et en exclusivité (pas de job de complément !).

Quel métier exercent-ils ?

Les professions sont variées - les consultants et les spécialistes informatiques y sont peu nombreux (respectivement 4% et 7 % de l’échantillon). Sans doute cela provient-il de la distinction anglophone entre les ‘freelancers’ et les ‘consultants’.

La grande majorité des freelances qui ont répondu à l’enquête sont des communiquants : designers (20 %), rédacteurs (28 %), maquettistes (11 %), professionnels du marketing (6 %), illustrateurs (2 %), etc. Il y a aussi des traducteurs-interprètes (8 %), des coachs (1 %), des formateurs (1 %), etc. au total, plus de 50 professions.

Les motivations des freelances

« Pourquoi êtes-vous devenus solo (sic) ? »

- La majorité des réponses se porte sur la liberté et la souplesse de l’emploi du temps (28 %), puis sur la volonté d’exercer sa passion (23 %).
- Curieusement, la revendication courante “Etre son propre patron” n’est mentionnée que par 13 % de l’échantillon.

Invoquer “la souplesse de l’emploi du temps” fait partie des bénéfices retirés du statut : 25 % des répondants ; à égalité ensuite viennent la variété du travail, être son propre patron et la capacité à travailler n’importe où (14 % pour chaque réponse)...

Quand on confronte les aspirations initiales à la réalité quotidienne vécue par les freelances, la souplesse de l’emploi du temps se concrétise-t-elle réeellement ? Oui (ou à peu près), répondent 67 % des enquêtés.

Combien gagnent-ils ?

La recherche d’un « higher income potential » (potentiel de meilleurs revenus) ne vient que bien après dans les motivations mises en avant : 6,5 % des réponses ... Les freelances ne sont donc pas mus par le “greed” !

Alors, combien gagent les freelances ? Aux Etats-Unis, et dans de nombreux pays, le taux de facturation est établi à l’heure – alors qu’il l’est plutôt sur la base de la journée en France.

Combien d’heures travaillent-ils en moyenne par semaine ? La réponse majoritaire est « plus de 31 heures » (29 % au-delà de 40 heures, et 27 % entre 31 et 40 heures).
Et 68 % reconnaissent facturer entre 50 et 90 % de leur temps – soit, en moyenne, environ 28 heures facturées/semaine.

A quel taux ? en moyenne, 70 $/heure (soit 56 euros/heure). Ce qui donne environ 2 000 $/semaine ( soit 1 600 euros) ou quelque 320 euros/jour.
Ce qui, en travaillant 250 jours par an – soit une belle performance – génère un chiffre d’affaires d’environ 80 000 euros/an. On sait qu’en France, un tel chiffre d’affaires correspond à un revenu net (avant impôt) d’environ 40 000 euros, supérieur aux moyennes constatées dans les statistiques publiées par l’Unasa (cf. notre précédent article).

Mais chacun sait que les revenus du travail sont plus élevés aux Etats-Unis qu’en France – l’enquête semble donc cohérente.

Les freelances gagnent-ils mieux leur vie comme indépendants que dans leur précédentes fonctions de salariés ? La réponse est mitigée : 38 % disent oui, 32 % non... mais 29 % n’ont jamais été salariés dans la même profession ...

Optimistes invétérés malgré la crise

Avez-vous été impacté par la crise ? A cette question, une moitié répond oui (18 % très impactés, 33 % moyennement) et l’autre non (23 % et 26 % modérément). Les professions les moins touchées sont dans la recherche ou l’informatique, les plus sont les photographes, les consultants en gestion, les illustrateurs et les réalisateurs video.

Mais, comme il se doit, 77 % des freelances sont optimistes (36 % très et 41 % moyennement) pour les prochains 12 mois ...

Soucis et défis

Quels sont les principaux problèmes des freelances ? Sans étonnement, arrivent en tête :
- la recherche de clients (21 %),
- puis "des revenus en dents de scie" (16 %) – “cycle festin/famine” en anglais ...

Nous sommes toutefois étonnés que ces sujets ne soient pas plus fortement mis en avant. Arrivent ensuite le maintien de l’équilibre vie professionnel/vie privée (10 %), la gestion (productive) de son temps (7 %) et la recherche de meilleurs revenus (5 %). La concurrence impitoyable avec des tarifs à “prix cassés”, la chasse aux paiements, le poids des taxes et autres impôts sont aussi cités, mais parmi 18 autres raisons “mineures”.

Des clients à gagner et à fidéliser

Alors comment trouvent-ils donc leurs clients ?
D’abord, ce sont à 72 % des entreprises (et à 17 % des particuliers). 30 % de ces clients "durent" au moins plus de deux ans. Ensuite, pour gagner des clients, le meilleur résultat semble venir (à 27 %) de la prescription, lorsqu’on est recommandé par un client satisfait à un autre, à 24 % du bouche à oreilles et à 17 % de son propre carnet d’adresses.
Les autres moyens sont plus anecdotiques, y compris la presence dans les médias sociaux qui ne recueillent que 3 % de citations ... (remarque à noter face aux effets de mode)

Quand on demande aux freelances : « Combien de temps passez-vous par mois à prospecter de nouveaux clients ? » Leur réponse a de quoi surprendre - par rapport à ce qui précède- y compris les auteurs de l’enquête. La moitié des sondés y passe moins de 5 heures par mois ! C’est un piètre investissement...

Les résultats sont assez tranchés par profession (les photographes et les consultants étant les plus assidus à la prospection, et les designers et les traducteurs les moins)... Et les auteurs de pointer une certaine corrélation entre le temps passé en prospection et le montant des taux horaires – la prospection comme gage de hauts revenus... si seulement c’était vrai !

Le bonheur est dans le pré ... des indépendants !

90 % des freelances – le chiffre magique – sont plus satisfaits d’être indépendants que salariés (62 % très, et 28 % modérément), sentiment partagé à égalité entre les femmes et les hommes, les anciens et les nouveaux.

Et, à la question finale : « Abandonneriez-vous le statut d’indépendant pour travailler pour quelqu’un d’autre ? », 55 % répondent définitivement « Non » – mais restons sages, 36 % demandent à voir de quel job il s’agirait, au cas où, peut être que, faut voir...

Bien que quelques réponses diffèrent par rapport à une autre enquête réalisée par l’Ifa (2) en 2011, le résultat est le même : les freelances sont satisfaits de leur mode de travail !

Michel Paysant *

- (1) L’ International Freelancers Academy gère aussi un organisme de support (création, développement, assurances, protection sociale, etc.) aux freelances : BOTH, Back Of The House

- (2) L’IFA avait déjà organisé une enquête similaire en 2011, cf. La Cybergazette N° 524 du 27/9/2011.

* La CyberGazette est un service de communication en ligne édité et animé par Michel Paysant.

POST-SCRIPTUM

Les kangourous itou !

- En Australie aussi, les freelances sont des professionnels heureux qui offrent des services de qualité à leurs clients.

C’est la conclusion d’une étude conduite par l’Université Monash, à Melbourne, sur la base d’enquêtes menées régulièrement depuis quatre ans en Australie. En 2012, 346 réponses de professionnels indépendants (iPros) confirment les résultats des années précédentes.

- D’abord un haut degré de satisfaction de leur mode de travail : 88 % de taux de satisfaction, avec seulement 23 % envisageant de quitter ce statut. Les raisons se partagent à égalité (79 %) entre la perception que c’est un bon moyen de gagner plus de revenus, une impression de liberté et la variété du travail accompli ; la souplesse du mode de travail est aussi une bonne raison (66 %).

Les répondants se sentent compétents (97% à 99 %) pour répondre aux demandes de leurs clients, fiers (89 %) et enthousiastes (84%) de la façon dont ils travaillent.

Enfin, les deux tiers des sondés éprouvent un sentiment de responsabilité quant aux tâches qui leurs sont confiées, et une moitié estiment que les problèmes de leurs clients sont aussi les leurs. En contrepartie, 74 % d’entre eux ressentent que ces clients ont une bonne opinion de leur travail, et le même pourcentage qu’ils tiennent les promesses faites lors de la négociation de leur contrat.

En conclusion, 59 % pensent qu’il leur sera ‘plutôt facile’ ou même ‘très facile’ de trouver un travail équivalent dans le futur, et 54 % qu’il leur sera difficile d’en trouver un meilleur...

Heureux comme un professionnel indépendant en Australie !

M.P.

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