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FOCUS
Esprit d’entreprise... Es-tu bien là ?
Par Jacques Gautrand
 

La France est-elle devenue un pays d’entrepreneurs ? Toujours est-il que l’envie de se mettre à son compte, de créer ou de reprendre une entreprise titille de plus en plus de nos compatriotes... Mais de l’intention au passage à l’acte d’entreprendre, il y a un fossé : seule une minorité se lance chaque année. Il reste encore des freins à mieux comprendre et à lever dans notre pays...

« L’esprit d’entreprise, c’est à la fois une promesse d’épanouissement personnel, mais aussi une chance d’enrichissement collectif pour notre société  », estime Léonidas Kalogeropoulos, dirigeant du cabinet de conseil et lobbying, Médiation & Argument, vice-président du mouvement ETHIC, dans un manifeste qu’il vient de publier.

L’ESPRIT D’ENTREPRISE
Une valeur à ne pas décourager ...

Près d’un Français sur trois dit avoir envie d’entreprendre. Cette proportion est relativement stable depuis l’an 2000.

Selon le dernier sondage réalisé par l’Institut Think (1) à l’occasion du 21ème Salon des Entrepreneurs (5 & 6 février 2014), 31% des Français aimeraient créer leur entreprise un jour. Ce pourcentage se situe parmi les plus hauts résultats obtenus depuis 2000 ( la proportion moyenne de créateurs potentiels s’établissant sur la période à 27%).

Cependant, les mêmes Français interrogés estiment à 74% (près de trois sur quatre !) que créer une entreprise en France est difficile, voire très difficile … Et 81% d’entre eux estiment que notre système éducatif est peu ou pas du tout adapté pour former les entrepreneurs de demain...

« Mieux vaut rester salarié en période de crise... »

Il est intéressant de noter les raisons mises en avant par les 61% des Français qui n’ont pas envie d’entreprendre : «  Ma situation me convient... » ; « C’est trop risqué financièrement... » ; « Il vaut mieux rester salarié en période de crise... »

Ces réponse soulignent la forte aversion au risque de nos compatriotes et l’intense besoin de sécurité ancré dans notre culture, entretenue par la prédominance de la sphère publique dans la vie quotidienne et l’économie française ; par notre système de formation des élites qui valorise les fonctions intellectuelles au détriment des savoir-faire pratiques et productifs ; par le poids institutionnel d’un secteur banque-assurance focalisé sur la "sinistralité" et peu tourné vers la prise de risques...

Défiance à l’égard de syndicats patronaux et salariés ...

Quoi qu’il en soit, et toujours selon le même sondage, 78% des Français font confiance aux TPE-PME pour leur capacité à redresser l’économie de la France (contre 47% font confiance aux grands groupes) et 59% aux associations/coopératives, 52% aux organismes de soutien et d’accompagnement des entreprises (BPI, CDC,CCI…) ...

En revanche, 69% des sondés ne font pas confiance aux syndicats patronaux et fédérations professionnelles ; 71% ne font pas confiance aux syndicats de salariés, et 73% ne font pas confiance à l’Etat, ni au gouvernement ni aux collectivités territoriales pour redresser l’économie... Paradoxalement, la même question posée à un panel de chefs d’entreprise exprime la même défiance à l’égard des syndicats patronaux (61% ne leur font pas confiance !) alors que 88% font confiance aux TPE/PME ...

Passage à l’acte d’entreprendre : il rest à bien comprendre les freins

« 2,4 millions de Français envisagent d’entreprendre dans les 2 ans » : en se focalisant sur les Français qui ont envie d’entreprendre et qui disent avoir préparé un projet ce création ou de reprise d’entreprise pour les deux ans qui viennent, l’Institut Think estime leur proportion à 5%, soit « 2,4 millions de Français, représentant un vivier d’entrepreneurs prometteur ! »

Le problème, c’est que seulement une petite partie passe à l’acte chaque année : ils sont environ 500 000, bon an mal an, à se lancer – et encore, ce chiffre a été gonflé, depuis 2009, par les auto-entrepreneurs (environ 300 000 par an).
En vérité, si l’on se concentre sur les chiffres de la création d’entreprise sous forme de sociétés (SARL, EURL, SAS…), celle-ci stagne depuis une décennie autour de 160 000 par an. Or ce sont ces entreprises, créées sous forme de sociétés, qui ont le potentiel de se développer et d’embaucher.(2)

Le nombre de créations sous forme de sociétés stagne ...

Nos pouvoirs publics devraient donc s’interroger sur ce point : -pourquoi le nombre de créations en société stagne-t-il ?
- Pourquoi, malgré la panoplie de mesures incitatives prises depuis 2002 et le gouvernement Raffarin, avec l’objectif de créer 1 million d’entreprises supplémentaires en cinq ans, pourquoi le "stock" de sociétés n’augmente-t-il que faiblement ?

Notes :

(1) Sondage réalisé par l’Institut Think pour Cerfrance et Novancia à l’occasion du 21 Salon des Entrepreneurs.
Sondage quantitatif mené auprès d’un échantillon de 1000 Français, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Échantillon redressé selon la méthode des quotas afin d’être représentatif des Français âgés de 18 ans et plus, selon les données INSEE ( sondage réalisé en ligne sous système CAWI - Computer Assisted Web Interview - du 26 au 29 novembre 2013).

(2) Lire le 4 pages Insee/Première du 28 janvier 2014 sur le bilan de la création d’entreprises en France en 2013.

L’ESPRIT D’ENTREPRISE
« une valeur positive à encourager ... »

Le sondage de l’institut Think est à rapprocher d’un autre sondage, réalisé par Opinionway, à la demande du cabinet de conseil et lobbying, Médiation et Arguments : il montre que 88 % des Français considèrent l’esprit d’entreprise comme une valeur positive à encourager.

Dirigeant du cabinet Médiation et Arguments, Léonidas Kalogeropoulos, commente : « On ne compte plus la profusion d’initiatives privées célébrant l’entreprise et ceux qui y travaillent (Fête des Entreprises, J’aime ma Boîte, Prix National Stars & Métiers de l’artisanat, Salon des Entrepreneurs, 100.000 Entrepreneurs, BFM Awards, ...).
La société française est traversée d’une addition de « stimulis » qui convergent depuis plusieurs années pour éveiller les appétits, les volontés et les énergies. Toutes ces incitations ont fini par porter leurs fruits. Aujourd’hui, 88% des Français considèrent que l’esprit d’entreprise représente une valeur positive qu’il faut encourager. Quelle autre valeur recueillerait un tel plébiscite d’opinions favorables ?
 »

Dans un manifeste dédié à l’esprit d’entreprise, Léonidas Kalogeropoulos – qui est aussi vice-président du mouvement Ethic, écrit : « être porté par l’esprit d’entreprise, c’est à la fois une promesse d’épanouissement personnel, mais aussi une chance d’enrichissement collectif pour la société dans laquelle on évolue. »

Pour le commanditaire du sondage, il ne faut toutefois pas assimiler l’esprit d’entreprise à seulement ceux qui prennent le risque d’entreprendre : « il serait réducteur de limiter l’esprit d’entreprise au seul registre spécifique du statut particulier d’entrepreneur. Tous ceux qui ont eu à diriger des équipes savent qu’il y a des salariés dotés d’un esprit d’entreprise, rapidement habités, au travers de leurs responsabilités, d’une part déterminante de l’énergie motrice de leur boîte. (…) Encourager l’esprit d’entreprise, c’est éveiller l’envie d’entreprendre autant que stimuler l’engagement de ceux qui travaillent dans les entreprises ou qui veulent y trouver leur place. Les salariés ont si souvent envie de s’investir, de s’épanouir et de se dépasser dans leurs responsabilités ; cela relève de l’esprit d’entreprise, qui doit être encouragé et récompensé. »

Dans une interview donnée au site Atlantico, Léonidas Kalogeropoulos précise son point de vue :

« L’esprit d’entreprise, ce n’est pas seulement devenir entrepreneur. L’esprit d’entreprise, c’est préférer s’investir dans son travail et vouloir s’y s’épanouir, plutôt que calculer ses RTT !(…) C’est aussi se battre dans tous ses postes de responsabilité pour décrocher des contrats, développer "sa boîte", se sentir investi de l’image de son entreprise par son implication et son engagement vis-à-vis de ses clients. (…) L’Esprit d’entreprise, c’est l’engagement, l’envie de faire et de bien faire, la volonté d’agir et de prendre sa part dans la vie de la société, de son entreprise. C’est une valeur positive qui concerne tous les citoyens, quelle que soit leur place dans la société. Ça concerne autant les étudiants, les chômeurs, les salariés, les fonctionnaires… que les entrepreneurs. En ce sens, c’est une valeur qui transcende tous les clivages politiques, parce qu’elle concerne tous les Français ! Et il est très encourageant de constater ce plébiscite. (…) Avec un tel niveau d’adhésion, il serait précieux de faire de cette notion l’un des piliers de nos valeurs républicaines. Rajouter "l’Esprit d’entreprise" à notre devise républicaine, ce serait une manière de rappeler à tous nos gouvernants, de droite comme de gauche, qu’un excès de régulation étouffe tout le potentiel de créativité qui porte en germe la croissance et les emplois de demain. (…) En décidant de s’appuyer sur l’énergie des Français, plutôt que de faire croire que l’Etat sera capable d’être le moteur de la croissance et des emplois, le Gouvernement est en train de faire le pari de l’Esprit d’entreprise. Il y a près de 90 % des Français qui sont en phase avec ce choix, et il est seul capable de sortir notre pays de l’ornière. » (*)

Interrogé par Atlantico pour réagir à ce sondage, j’ai notamment déclaré : « La vraie difficulté aujourd’hui n’est pas de créer une entreprise, mais de durer. La vraie difficulté, c’est de garder une entreprise pérenne, qui trouve des clients, des financements, des partenaires, et qui se développe... En revanche, il est vrai qu’on cultive en France une tradition de sécurité et d’aversion au risque. Cette aversion au risque est plus forte par rapport aux autres pays européens ou aux pays anglo-saxons. L’esprit d’entreprendre, la prise de risque et l’envie d’aller de l’avant est plus développée dans des pays comme l’Australie, la Grande-Bretagne ou les États-Unis. (…)
On a en France une culture qui favorise le salariat, la sécurité, le CDI, les comités d’entreprise, tous les avantages qui sont liés au salariat
... » (*)

J.G.

(*) Atlantico, 8 janvier 2014

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