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La chronique de Jacques Gautrand - Octobre 2016
Entrepreneurs,
qu’attendre des politiques ?
ÉLECTIONS DE 2017
 

La France est entrée en campagne électorale. A sept mois des échéances présidentielles et législatives de 2017...

La passion française pour le politique fait passer tous les autres sujets au second plan !

L’organisation de "primaires" à droite, puis à gauche, focalise l’attention des médias et de l’opinion publique sur les prétendants à la magistrature suprême : les projecteurs se braquent davantage sur les personnalités en compétition - on peut le regretter - que sur le contenu des programmes. Et ceci dans un contexte de fort discrédit des gouvernants en place : l’actuel président de la République est contesté et très affaibli dans son propre camp - de nombreuses voix lui demandent de renoncer à se représenter ! - et le gouvernement de Manuel Valls peine à tracer des perspectives mobilisatrices pour le pays.
Le récent tour de passe-passe pour "sauver" le site industriel d’Alstom à Belfort
en achetant (aux frais des contribuables) des TGV voués à ... rouler à vitesse réduite sur des lignes Intercités, en fournit un exemple cocasse.

Il ne faudrait pas que ce long "tunnel" pré-électoral qui s’annonce, produise un attentisme général - source de paralysie économique - dans l’espoir de lendemains qui chantent au printemps-été 2017...

On en oublierait presque que le gouvernement en place est encore aux commandes et qu’il a la responsabilité de prendre des mesures jusqu’au bout de son mandat, notamment pour faire face à une conjoncture particulièrement dégradée et inquiétante, avec un chômage qui se maintient à des niveaux records et une croissance négative au deuxième trimestre.

Il subsiste dans l’inconscient collectif ce mythe récurrent de "l’homme providentiel" dont on attend, à chaque échéance électorale, qu’il vienne tirer la France du marasme. Les Français semblent se complaire dans cette pensée magique, alors que l’expérience des 35 dernières années devrait les inciter à la plus grande circonspection face à l’incapacité des gouvernants successifs à « changer la vie »...

L’ENTREPRENEUR EST AUSSI UN CITOYEN COMME LES AUTRES !

Les entrepreneurs ne doivent pas être les grands absents des enjeux électoraux du moment. Car ils sont aussi des citoyens, ni plus mais ni moins que les autres catégories socioprofessionnelles.

Certes, en nombre, ils pèsent moins que les fonctionnaires (3,5 millions de chefs d’entreprise à comparer aux 6 millions d’agents du service public et des entreprise publiques !) que les chômeurs, ou que les retraités. Mais après tout, ce sont eux , avec leurs 16 millions de salariés (du privé) qui produisent l’essentiel des richesses du pays sans lesquelles, il faut le souligner encore et encore, les services publics ne sauraient fonctionner : puisque près de la moitié de la production nationale de biens et services est prélevée en impôts et cotisations diverses pour alimenter la sphère publique...

FAIRE ENTENDRE "LA CAUSE" DE L’ENTREPRISE AUPRÈS DES POLITIQUES

Dans le débat français, reconnaissons qu’il n’est pas facile de faire entendre la cause de l’entreprise.

Car, à la différence de nombreux autres pays, la culture française voit dans l’entreprise, non pas d’abord la matrice de toute prospérité, mais le champ d’intérêts antagonistes entre le "capital" et le "travail". D’où ces slogans faciles et populaires, mais totalement contre-productifs, tels que : « Il faut taxer le capital autant que le travail ! » ou « Il faut faire payer les riches ! »

Certes au fil des années, l’image de l’entreprise et de l’entrepreneuriat s’est améliorée dans notre pays, mais subsiste un fossé profond entre la haute administration et les entrepreneurs qui n’évoluent pas dans le même monde. Du fait de leur cursus, la plupart des dirigeants politiques ignorent les réalités concrètes des entreprises, notamment la vie quotidienne d’une PME.

Sur les 577 députés de l’Assemblée nationale, on en dénombre moins d’une centaine issus du monde de l’entreprise... Une situation qui choque une jeune chef d’entreprise comme Anne- Laure Constanza (créatrice de la société Envie de fraise) qui a interpellé François Hollande sur un plateau de télévision ; elle s’insurge que ceux qui votent les lois qui concernent l’économie ne connaissent pas la vraie vie des entreprises.

Bien sûr, les organisations patronales se mobilisent pour faire passer des messages aux candidats, aux conseillers politiques, aux "entourages". Le Medef a même inspiré la création d’un "canal" d’influence sous la dénomination assertive de « Le vrai débat » (tiens, tiens, quel est donc le "faux" ?) en faisant appel à des personnalités de la société civile susceptibles de peser sur les thématiques des présidentielles, « loin des polémiques et des clivages partisans »...

ENGAGEMENT POLITIQUE

Pour un entrepreneur, participer au débat public, défendre ses idées, faire entendre sa voix, est nécessaire. Et davantage de chefs d’entreprises, d’artisans, de commerçants, de professionnels libéraux doivent (devraient !) le faire.

Mais s’engager dans la mêlée politique, solliciter un mandat électif, est une autre paire de manches. Souvenons-nous de la brève "carrière" politique de Bernard Tapie sous la houlette de François Mitterrand ; une plongée dans l’arène politique qui a finalement sapé son futur d’entrepreneur avec l’affaire inextricable de la vente d’Adidas par le Crédit Lyonnais...
Plus récemment, rappelons le lancement, par Denis Payre, le fringant créateur de deux success-stories, Businesss Objects et Kiala, du mouvement "Nous Citoyens" en 2013. Malgré une démarche originale et courageuse, force est de constater que ce mouvement n’a pas "révolutionné" l’espace politique occupé par les "professionnels". Et n’a réalisé que de très faibles scores aux élections où il a présenté des candidats. D’ailleurs, il est intéressant de noter - peu d’observateurs ont fait le rapprochement - qu’Emmanuel Macron, avec son mouvement "En Marche !", s’inscrit dans une démarche similaire, du moins dans la philosophie.

ENTREPRENEUR ET MINISTRE...

Au delà de la quête d’un mandat politique, aux conséquences ambivalentes, il serait bon, comme cela se fait dans d’autres pays, que les gouvernements accueillent comme ministres (c.a.d. pour une durée limitée !) davantage de personnalités venant de l’économie productive. A la fin des années soixante-dix, le "garagiste" René Monory avait fait un excellent ministre de l’économie et de l’industrie, et, plus récemment, son ex-collaborateur, l’ingénieur informaticien Thierry Breton (actuel PDG d’ATOS), n’a pas démérité à la tête de Bercy sous la présidence de Jacques Chirac.

La complexification croissante des sujets que les hommes politiques ont à traiter, au plan national et international, leur technicité accrue (excessive !) exacerbée par une bureaucratie hypertrophiée (qui, de ce fait, n’a cessé depuis plusieurs décennies d’étendre son territoire et son pouvoir) ont transformé la politique en "métier". Regrettons-le ! Mais c’est un fait.

... À CHACUN SON MÉTIER ...

Etre chef d’entreprise est aussi un métier. Avec de lourdes responsabilités. A sa façon, autant sinon plus que les politiques, l’entrepreneur transforme le monde. Tous les nouveaux outils, objets et services que nous utilisons au notre quotidien, la plupart inventés et développés par des entrepreneurs, n’ont-ils pas modifié nos façons de vivre ?

Il me paraît très difficile qu’un chef d’entreprise responsable puisse assumer en parallèle un mandat politique national. Sauf à négliger un engagement au détriment de l’autre.

Pour autant, les chefs d’entreprise ne doivent pas renoncer à faire entendre leur voix auprès des politiques ; plaider inlassablement la noble cause de l’entreprise sans laquelle il n’y a pas de richesse produite et de progrès social possible.

S’ils doivent se mobiliser pour être reconnus et entendus par les politiques, ils ne doivent pas tout attendre des politiques. Car ils seraient nécessairement déçus !

De leur côté, les politiques devraient comprendre qu’il est de leur responsabilité première de créer un cadre le plus favorable possible à l’épanouissement des talents et des initiatives dans le pays, de simplifier l’environnement administratif, de stimuler, d’encourager la création de richesses, plutôt que de réglementer et de légiférer à tort et à travers.

Que l’État se concentre sur ses fonctions régaliennes et qu’ils laisse les acteurs économiques travailler, entreprendre, inventer, échanger, commercer, coopérer, prospérer ...

A chacun son métier ... !

Jacques Gautrand
jgautrand [ @ ] consulendo.com

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