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ÉTUDE
Entrepreneurs au Québec
Par André Letowski *
 

L’entrepreneur jouit d’une très bonne image au Québec. Comme le montre la dernière enquête de la Fondation de l’Entrepreneurship (FDE), « l’Indice entrepreneurial québécois 2013 ». Cette enquête que la FDE réalise depuis 2009, en collaboration avec Léger Marketing et avec la Caisse de dépôt et placement du Québec, apporte des éléments d’appréciation fort intéressants tant sur les porteurs de projets que sur les entrepreneurs installés, leurs motivations, leurs ambitions, les obstacles rencontrés, les attentes exprimées. Les résultats du sondage sont synthétisés ci-dessous par André Letowski * et mis en comparaison avec le reste du Canada (RDC).

- Voir l’étude complète "Les entrepreneurs du Québec font-ils preuve d’audace ?" sur le site de la Fondation de l’entrepreneurship (1)

Une image très favorable de l’entrepreneur et de l’entrepreneuriat au Québec

S’enrichir en entreprenant est perçu de façon très favorable au Québec : « L’enrichissement de façon juste et équitable comme entrepreneur est possible » (90% des opinions, contre 80% dans le reste du Canada - RDC) ; « l’enrichissement personnel d’un entrepreneur est sain » (80%, RDC : 77%).

92,7 % des Québecois considèrent l’entrepreneuriat comme « très important » ou « assez important » pour le développement économique et la prospérité régionale : « les gens qui réussissent en affaires sont des modèles pour la communauté » (78%, RDC : 80%), « les entrepreneurs sont des créateurs d’emplois et de richesse » (85%, RDC : 80%).

Ces propos sont confirmés par deux autres réponses au sondage : « L’entrepreneuriat est un choix de carrière désirable » : 79% (RDC : 70%) et « les entrepreneurs sont généralement honnêtes » : 68% (RDC : 60%).

Mais 36% des sondés (RDC : 43% ) seulement disent avoir les capacités et les compétences pour entreprendre, et 14% (RDC : 12%) avoir une situation financière qui leur permettrait de se lancer.

La compétence et la capacité à se lancer en affaires ont été acquises principalement par des expériences personnelles (44%). La famille (23 %) ainsi que le milieu scolaire (14 %) constituent aussi des modèles d’inspiration importants.

Enfin, pour améliorer la culture entrepreneuriale, les répondants croient qu’il faudrait promouvoir davantage les occasions de carrière qu’offre l’entrepreneuriat (44 %), mais également accentuer les communications sur l’importance de l’entrepreneuriat (20 %) et sur la réussite d’entrepreneurs locaux et nationaux (18%).

Pourquoi devenir entrepreneur ?

Parmi les éléments les plus attrayants pour devenir propriétaire d’une entreprise, la liberté dans le travail paraît essentielle : indépendance sur la prise de décisions (36%), flexibilité dans le travail (31 %), liberté de création (21%), aux cotés de la satisfaction personnelle (31%) et la possibilité de réaliser ses ambitions (26%), avant celle de gagner beaucoup d’argent (24%).

De l’intentions de créer ... au passage à l’acte

En 2013, 14,8 % de la population québécoise manifeste l’intention de créer un jour une nouvelle entreprise ou de reprendre une entreprise existante (21,2% pour le reste du Canada). Hors entrepreneurs ayant répondu à l’enquête, le pourcentage d’intention serait plutôt de l’ordre de 12,3 % (RDC : 17,6 %). 11 % des femmes manifestent cette intention contre 19 % des hommes.

Le pourcentage chez les jeunes est encourageant avec près du double de celui de la population totale qui a envie d’entreprendre : 25 % de candidats chez les 18 à 34 ans contre 16% chez les 35 à 54 ans.

Les démarches en vue de se lancer : 6,3 % de la population adulte a réalisé, au cours des douze derniers mois, des démarches en vue de créer ou de reprendre une entreprise (RDC : 9% ) ; en excluant les gens déjà installés, le taux tombe à 3,9% (RDC : 4,7 %). De l’intention à l’action, il y a donc un écart significatif ...

Parmi les candidats à l’entrepreneuriat, 61 % (RDC : 62% ) ont l’intention de créer une entreprise ; 14% d’en reprendre une, dont 5,5% l’entreprise où ils travaillent ; 25% ne savent pas.

Seulement 7,8% souhaiteraient le faire dans l’année (RDC : 19%), 30,5% dans un délai de moins de 3 ans (RDC : 39,4%).

Les principaux motifs évoqués sont le besoin d’accomplissement personnel, celui de relever un défi ou de réaliser un rêve (57 %) ainsi que le désir d’être indépendant, d’avoir une grande liberté (37%), auquel on peut ajouter le fait de ne pas avoir de patron sur le dos (14,5%) ; l’augmentation du revenu personnel et du niveau de vie concerne 26% et la saisie d’une opportunité 14%.

Les éléments déclencheurs du passage à l’action

28 % affirment que l’augmentation de leur compétence et de leur expérience les ferait passer à l’action plus rapidement ; 25% citent la présence d’un partenaire d’affaires pour partager les coûts et les risques et 23 % une occasion d’affaires. Sont jugés des facteurs moins importants : une aide gouvernementale, un financement public (17%), ou l’appui d’un mentor (12,5%).

Parmi les candidats à la création, 58,5 % estiment d’avoir besoin d’un investissement financier de moins de 100 000 $ et 30% entre 100 000 et 250 000 $.

3 sources de financement sont envisagées : les banques ou autres institutions financières (30 %), les programmes gouvernementaux (28 % contre 8% pour le RDC) ainsi que les économies personnelles (30 % contre 45% pour le RDC).

Embaucher : 68 % veulent créer au moins un emploi autre que le leur (dont 36,5% de 1 à 3 emplois et 31,5% plus de 3 emplois).

Les obstacles les plus importants à se lancer sont de l’ordre financier (économies personnelles insuffisantes : 18 % ; financement public ou privé insuffisant : 14,5 %) ; à cela s’ajoute la crainte du risque encouru (15%), le manque de temps (28%), la faible crédibilité en raison de l’âge (17%, mais 47% pour les moins de 35 ans), la complexité administrative, légale ou fiscale (16 %) ...

31 % des personnes ayant fait des démarches pour créer une nouvelle entreprise ou en reprendre ont sollicité de l’aide auprès des organismes gouvernementaux. L’aide sollicitée est surtout d’ordre financier (58 %), mais également d’ordre « formatif, informatif » et technique ; celle ci est jugée satisfaisante par 69%.

10,4 % de la population adulte mentionne avoir déjà fermé ou abandonné les activités d’une entreprise au cours de son existence (RDC :10,6 %) ; les femmes sont moins nombreuses que les hommes à avoir fermé une entreprise (7,7 % contre 13,2 %) ; les 35 ans et plus sont 12,8 % à l’avoir fait contre 2,5% des moins de 35 ans.

Regard sur les entrepreneurs en activité

En 2013, 11,4 % de la population adulte au Québec est propriétaire d’une entreprise (RDC :15,7%) .

25% sont copropriétaire de leur entreprise. 82% l’ont créée ; 18% l’ont reprise ; dans 10% des cas il s’agissait de l’entreprise où ils travaillaient.

84% ont investi moins de 100 000$ (moins de 75 000€) dans leur affaire. 56% ont eu recours à leurs économies personnelles, 19% aux banques, 15% à la famille et 5% à des programmes gouvernementaux

Profil de l’entrepreneur

51,5% ont démarré leur première entreprise avant l’âge 35 ans (dont 16% avant 25 ans) et 80% avant celui de 45 ans.

Avant de se lancer, 69 % étaient salariés, 16% étudiants ou à la recherche d’un emploi (16 %), bien moins qu’en France.

37% ont plus de 10 ans d’ancienneté (RDC :34% ) et 40% au plus 5 ans (RDC : 51%) :

29 % envisagent de prendre leur retraite dans les dix prochaines années (RDC : 31 %), mais 40% ne savent pas quand ; 46% projettent de fermer leur entreprise lorsqu’ils la quitteront ; 46% envisagent de vendre l’entreprise ou de la transmettre à leurs enfants ou aux employés.
Parmi ceux qui souhaitent pérenniser leur entreprise, 44% disent avoir identifié un repreneur.

10% ont déjà fermé une entreprise au cours de leur vie ; trois groupes de raison ont conduit à la cessation : d’une part, les raisons financières (23 %) et la concurrence (12%), d’autre part, des motifs personnels tels une séparation ou la maladie (15 %), la retraite (14 %), un changement de travail (10%), et enfin la mésentente avec un associé (10%).

58% ont été chefs d’entreprise au plus 5 ans (12 % moins d’un an, 28,5% de 3 à 5 ans et 18% de 4 à 5 ans) et 23% plus de 10 ans ; mais 25% sont prêts à créer à nouveau.

- Qu’en est-il des dirigeants ayant crée ou repris une entreprise depuis moins de 5 ans ?

56% ont réuni moins de 50 000 $ (37 500 €) au démarrage et 16% plus de 200 000$ (chiffres comparables avec le RDC).

56% ont généré un chiffre d’affaires inférieur à 50 000 $ lors de la première année d’exploitation et 21 % un chiffre compris entre 50 000 et 499 999 $ (les résultats sont un peu supérieurs dans le RDC).

Par rapport à leur première année, 28% affirment avoir fait progresser leur chiffre d’affaires, 12% l’ont vu diminuer et 32% ont connu la stabilité (mais on ne sait rien des 28% restant).

59% ont créé uniquement leur propre emploi. 26,7% en ont créé de 1 à 3, 7,4% de 4 à 5 emplois, 4,6% de 6 à 10 emplois et 2,3% 11 emplois et plus. Les résultats sont similaires dans le RDC.

Depuis la création de leur nouvelle entreprise (il y a cinq ans ou moins), les trois quarts affirment avoir conservé le même nombre d’emplois, 13% l’avoir augmenté et 13% l’avoir diminué. En majorité, ceux qui ont réussi à augmenter le nombre d’emplois ont généré de 1 à 3 nouveaux emplois depuis les débuts en affaires.

Satisfaits ou déçus ?

51% des entrepreneurs affirment que leur niveau de satisfaction par rapport à leurs premières années en affaires est conforme aux attentes de départ, mais 41% se disent insatisfaits (plus que dans le RDC : 27,5%).

Les déçus affirment principalement « ne pas faire assez d’argent » ou « avoir des affaires qui se portent moins bien qu’ils ne l’avaient prévu ... »

Notons cependant que 7,5 % affirment être davantage satisfaits par rapport à leurs attentes de départ.

Quelles perspectives de croissance pour leur activité dans les trois prochaines années ?

Un tiers des entrepreneurs québécois envisagent d’intensifier leur chiffre d’affaires, c’est nettement moins que dans le RDC (53%).

Mais, par ailleurs, 53% n’ont pas la volonté de croitre (RDC :37% ) ! Les entrepreneurs du Québec sembleraient avoir moins d’ambition que dans le reste du pays.

Ceux qui n’envisagent pas de croitre, citent l’obstacle de la conjoncture (35%), l’endettement nécessaire pour investir (15%) ou la peur de ne pas rentabiliser les investissements (14%), le manque de liquidités (17%), ou encore le soutien insuffisant des banques (9%) ; enfin 10% évoquent les charges sur salaires.

12,5 % envisagent d’embaucher, et 3% de licencier ; 14% visent l’amélioration de la productivité avec le personnel en place.

International : 44,5 % des entrepreneurs limitent leur marché au territoire du Québec. Seuls 12% exportent (RDC :15,5% ).

15 % des entrepreneurs québecois affichent la volonté d’être actifs à l’international (RDC : 32%). Une situation que la Fondation juge « préoccupante, surtout lorsqu’elle est comparée avec le reste du Canada où près du double des entrepreneurs ont l’ambition de faire des affaires à l’étranger. » 68% de ceux là disent avoir besoin d’aide, principalement sous forme de contacts influents, mais également de conseils et d’accompagnement.

Stratégies d’innovation : pour 25% des sondés l’innovation est très importante (RDC : 26%), pour 42% moyennement importante (RDC : 53%) et pour 34% peu importante (RDC : 20%).

63 % sont « totalement » ou « assez » d’accord avec l’énoncé affirmant que " l’innovation est un gage de succès pour une entreprise et de ne pas le reconnaître serait la vouer à l’échec ".

Mais seulement 32% envisagent d’investir dans l’innovation (RDC : 37%) et 44% affirment que l’innovation ne fait pas partie de leur stratégie (lorsque la demande est tellement forte par rapport à l’offre, l’innovation ne serait pas perçue comme nécessaire) .

Pour innover, les chefs d’entreprise disent avoir besoin de conseils techniques (29 %), de contacts influents (24 %), de financement public ou privé (23 %) et d’un accès à des réseaux (10,5 %).

Lorsqu’il y a innovation, dans 83% des cas celle-ci concerne les produits/services, 42% l’organisation, 25% le commercial et 21% les procédés.

* André Letowski, consultant, expert en entrepreneuriat et création d’entreprises.

- (1) A propos de la Fondation de l’entrepreneurship : active depuis plus de 30 ans, elle est un agent de premier plan dans la transformation du développement économique et social du Québec.
Forte de son expertise dans le développement de la culture entrepreneuriale, elle offre des produits et services incontournables pour les entrepreneurs tels que le Réseau M – mentorat pour entrepreneurs et la plus vaste collection de livres de langue française dédiée au démarrage, à la gestion et à la croissance des entreprises. La Fondation produit également des recherches et des analyses de l’univers entrepreneurial, dont son Indice entrepreneurial québécois et les Portraits du dynamisme entrepreneurial tant local que régional

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