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Tribune
Economie numérique : la grande oubliée du débat électoral
Par Guy Mamou-Mani*
 

« La France, cinquième puissance économique par son PIB, peut-elle se contenter de sa piteuse 20 ème place au palmarès de l’économie numérique ? », s’interroge Guy Mamou-Mani. Le président de la fédération Syntec Numérique interpelle les candidats à l’élection présidentielle : pourquoi le débat sur la "ré-industrialisation" fait-il l’impasse sur le numérique et ses potentialités ? La France est-elle en retard d’une révolution ?

« Ré-industrialisation et nouvelle révolution industrielle : le débat sur l’avenir économique de notre pays fait l’impasse sur le numérique ! » Guy Mamou-ManyPar Guy Mamou-Mani *

La mondialisation a redistribué les cartes : plus que l’effet de concurrence, logique et naturel, de la part des pays émergents, c’est le retard pris par l’adaptation de notre système productif à une nouvelle aire - ère - industrielle qui la rend plus difficile pour nos concitoyens.

On peut vouloir renforcer l’égalité des échanges, lutter contre le dumping social, mais le cœur du problème est ailleurs, comme l’illustre le débat sur la ré-industrialisation dans la campagne présidentielle qui fait l’impasse sur l’apport du numérique dans une stratégie globale de modernisation, voire de réorientation de notre système productif.

Nous changeons d’aire (ère) industrielle. Les anciennes recettes ne peuvent plus fonctionner ! Les IT, Internet, nous font passer d’une société centralisée à une société collaborative. C’est l’un des enjeux du « collectif du numérique », que nous avons lancé le 19 mars, et qui cherche moins à peser sur les décisions en haut de la pyramide du pouvoir, qu’à mettre en place une « collaboration » entre les acteurs du numérique, « l’industrie du futur », et les structures politiques et représentatives, afin de participer « au futur de notre industrie ».

Que l’on soit ou non en accord avec la vision que développe Jeremy Rifkin dans son dernier livre « La 3e révolution industrielle », où il voit la convergence entre IT et changement de régime énergétique (vers un modèle d’énergie distribuée sur le modèle d’Internet), l’impact de la technologie intelligente ne fait que commencer pour des millions de gens qui vont notamment changer de travail ...

Le numérique est une chance.

Nous devons collectivement nous préparer à cette transition sinon les dégâts pourront être plus dramatiques que le simple effet de la concurrence mondialisée. Et je défends que nos entreprises du numérique, qui sont aussi « des communautés créatives » et des projets collectifs, ont beaucoup à apporter dans cette transition.

Le numérique, ce n’est pas que des solutions techniques, c’est une transformation et une rationalisation de notre façon d’agir, de diriger et de gérer, plus transparente, plus collective et qui peut aider autant à la mise en valeur du monde qu’à le protéger.

Le numérique est une chance : il propose des solutions pour améliorer certaines difficultés de notre pays dans le domaine de l’éducation, pour rationaliser, afin de le préserver, notre modèle social et de santé, pour moderniser et rendre plus performant notre Etat.

Un choix stratégique.

Je déplore que le numérique ne soit toujours pas considéré dans mon propre pays comme un facteur de croissance dans tous ces domaines. Et je déplore qu’il reste encore trop souvent cantonné à être un coût, économique pour les entreprises, surtout en période de crise, et social pour le politique et une partie de la société.

Or aujourd’hui il n’est plus temps de tergiverser : la « digitalisation » de notre économie, dans le cadre de la réindustrialisation, est devenue une question stratégique, une question de souveraineté.

Comme l’explique très bien Henri Verdier, qui parle même de « néo-industrialisation », il est urgent :

- d’achever la transformation numérique des industries de services fortement exportatrices,

- de réorienter les politiques de soutien à l’innovation et à la R&D pour les entreprises qui ne font pas de R&D, en comblant le fossé PME/grands groupes,

- de développer les activités qui hybrident l’industrie, le logiciel et les services (santé, villes intelligentes, transport intelligents, réseaux intelligents ou smart grids ... )

- de prendre des positions fortes sur des secteurs à fort potentiel de croissance (services numériques, Internet des objets, Greentech,etc.), même s’ils ne vont pas immédiatement créer beaucoup d’emplois.

Ne gâchons pas nos atouts !

Nous avons des atouts en France ; les CV de Français s’arrachent outre-Atlantique pour leurs savoir-faire dans les métiers de l’Internet, de la programmation, du conseil et de la création ...

Nous avons de bonnes infrastructures, avec un horizon qui pourra supporter et permettre le développement des nouveaux usages ; nous avons créé des marques internationales à partir de start-up de l’Internet, et nous exportons largement nos services et conseils informatiques et technologiques.

Alors, la France, cinquième puissance économique par son PIB, ne peut plus se contenter de sa piteuse 20 ème place au palmarès « numérique ». Il s’agit d’une question de responsabilité face à l’avenir et face aux enjeux du progrès. J’attends que le ou la prochain(e) Président(e) de la République, manifeste ce réalisme et cette ambition.
Industriels du numérique, nous sommes prêts à les partager avec elle ou avec lui.

Guy Mamou-Mani
* Président du SYNTEC Numérique, co-président du Groupe Open.

- Plus d’info sur le blog de Guy Mamou-Mani

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