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La chronique de Jacques Gautrand - Août 2014
Du "Pacte de responsabilité" à l’entrepreneur "responsable" :
ce que les mots nous disent...
 

Responsabilité. Ce mot est fréquemment invoqué aujourd’hui. Un peu à tort et à travers.
Pacte de responsabilité ; responsabilité sociale et environnementale (RSE) ; entreprise responsable ; économie responsable ; consommation responsable ; responsabilité civile ; responsabilité pénale...

En français, le mot responsable est ambigu.
Comme le soulignait très justement le philosophe Alain Etchegoyen, lorsque quelqu’un pose la question : « Qui est responsable ? », cela sous-entend généralement : « Qui est fautif ? Qui est à l’origine de ce problème ? »

On a souvent tendance à confondre responsabilité et culpabilité ...

D’où la fameuse expression rendue célèbre par une ministre de François Mitterrand : « Je suis responsable mais pas coupable »...

Or il est utile de remonter à l’étymologie du mot. Etre responsable, cela veut dire répondre de de ses actes, être comptable de ses actions. Bref, agir en prenant en considération les conséquences de ses actes.

Ainsi, l’adjectif responsable ne peut s’appliquer qu’à une personne et non à une entité.

Il est donc inapproprié et illusoire de parler d’économie responsable ou de consommation responsable : seuls peuvent exister des agents économiques responsables ou des consommateurs responsables ... C’est à dire des personnes qui réfléchissent aux conséquences de leurs comportements, de leurs décisions ou de leurs achats ...

Examinons la formule de « Pacte de responsabilité » lancée en janvier par le président de la République...

"Pacte de responsabilité". L’expression porte en elle une certaine contradiction, par le fait-même que c’est la puissance publique qui demande aux acteurs économiques de prendre leurs responsabilités... N’est-ce pas justement une forme d’irresponsabilité (ou d’irresponsabilisation) et d’infantilisation des partenaires sociaux ?

Dans une véritable démocratie sociale, on laisserait les acteurs économiques (chefs d’entreprise et salariés) négocier entre eux un accord mutuellement bénéfique, où chaque partie trouve son compte ... Mais, non ! En France, il faut que l’État s’en mêle (quelle que soit la majorité au pouvoir) et la démocratie sociale est en fait un ménage à trois.

Venons-en maintenant à la question Qu’est-ce qu’un entrepreneur responsable ?

Selon moi, un entrepreneur responsable est d’abord quelqu’un qui réfléchit au sens de son action. Qui s’interroge sur la finalité de son besoin d’entreprendre et donc sur la finalité de son entreprise. Quel est le sens ? Quel est le but ?

Un entrepreneur responsable est celui qui prend en considération ses collaborateurs ou salariés (s’il en a), ses partenaires, ses clients, dans ses choix et ses décisions.

A ce stade de nos réflexions, la notion de "parties prenantes" (développée par les anglo-saxons sous le terme de "stake-holders" - distincts des "share-holders", les actionnaires) devient intéressante à considérer, car elle fait prendre conscience que l’entreprise s’inscrit dans un projet qui la dépasse, qui dépasse ses promoteurs et ses actionnaires, et qui a des implications pour beaucoup de personnes au-delà de son entité proprement dite.

C’est pourquoi, à mon sens, il ne peut pas y avoir de responsabilité de l’entrepreneur sans référence à des valeurs.

Ce n’est pas l’action en elle-même (agir pour agir) qui justifie le but, mais le pour quoi j’agis : en définitive, à quoi sert mon action ? Quelle est sa finalité ?

Or, seule l’adhésion à des valeurs peut répondre à cette question.

Un entrepreneur responsable doit s’interroger sur les valeurs qui le poussent à agir. Etre au clair avec ses valeurs. Les assumer.
Et pouvoir "en répondre" devant autrui.

Enfin, et ce n’est pas le moins important, la responsabilité de l’entrepreneur est indissociable de la liberté d’entreprendre.

On ne peut pas demander la première sans défendre la seconde.

Très bon été 2014 !

Jacques Gautrand
jgautrand [ @ ] consulendo.com


- Lire aussi sur Consulendo : « Les dirigeants de PME-TPE ont du mal à entrevoir la reprise ... »

Deux études*, publiées fin juillet, confirment ce que chacun peut ressentir au quotidien : l’activité économique stagne ; la situation des TPE est très préoccupante ; le climat de confiance fait défaut ; les soldes d’été ont été décevants ; les demandes de délais de paiement augmentent auprès de l’Urssaf... Malgré le volontarisme qui les caractérise, les dirigeants de PME ont bien du mal à entrevoir la reprise au cœur de l’été 2014. État des lieux et perspectives.

* 55ème édition du Baromètre des TPE Fiducial-Ifop et 59ème enquête semestrielle de conjoncture de Bpifrance Le Lab - Juillet 2014

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