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L’éditorial de Jacques Gautrand
Credit Crunch : pourra-t-on éviter des morts ?
 

Il ne fait guère de doute que les entreprises, notamment les PME, feront les frais d’une crise financière dans laquelle elles n’ont aucune responsabilité directe. Elles sont les victimes collatérales du plus grand hold-up du siècle, la cavalerie financière créée à partir des subprimes américains. Victimes de l’aveuglement ou de l’avidité - ou des deux cumulés ! - des établissements financiers ayant souscrit allègrement ces titres "virussés" par les fameux prêts hypothécaires aux Etats-Unis... (des titres présentés à l’origine comme des placements "sur-performants" que les banques ont acquis pour "booster" leurs bilans !)

En raison du climat de défiance qui tétanise le système financier, la plupart des établissements bancaires sont devenus très réticents à accorder des financements aux entrepreneurs, sauf à apporter des super-garanties personnelles, et encore !
Ironie du sort, les PME ne sont certainement pas un plus mauvais risque que ces titres "mirifiques" dopés aux subprimes que les courtiers américains leur ont fourgués et qu’elles ont, il y a peu, acheté en masse...

Déjà rétifs à accroître leur exposition au "risque PME" (sic), préférant l’économie de rente à l’aventure entrepreneuriale, les banquiers - qui se font très discrets en ce moment ! - vont se faire tordre le bras pour financer le cycle d’exploitation des entreprises. Les découverts et autres facilités de caisse seront difficiles à obtenir...

Dans un contexte de morosité générale et de baisse de la consommation, principal moteur de l’économie française (les deux autres, l’investissement et l’exportation tournant à faible régime), il n’est pas besoin d’être devin pour prévoir que le nombre de défaillances va s’emballer.

Selon la dernière étude de l’assureur Euler Hermes Sfac, le nombre de défaillances à déjà atteint le chiffre record de 53 640 entreprises au cours des douze derniers mois [1]. Et les analystes d’anticiper une augmentation de 10 à 15% des défaillances en 2008...

Quand l’endettement permet la croissance

KPMG vient de publier une très intéressante étude sur les PME de croissance [2].
Ces "locomotives de notre économie"représenteraient 10% des PME françaises (de taille équivalente).
Opérant dans tous les secteurs d’activité, plutôt exportatrices, aimant "prendre des risques", elles croissent quatre fois plus vite que leurs homologues. Une expansion largement supérieure aux performances des groupes du CAC 40. Et cette croissance turbo se combine avec une profitabilité meilleure que la moyenne
Or, fait remarquable, ces PME très rentables, ont jusqu’à présent financé leur croissance par... de l’endettement bancaire.

Les auteurs de l’étude ne cachent pas leur crainte que ces entreprises dynamiques ne soient directement clouées au sol dans leur envol par le credit crunch.

Ce serait catastrophique pour notre économie. Car, à la crise du système financier, s’ajouterait une contraction de notre base industrielle - déjà bien affaiblie.

Lors de la présentation de l’étude, Jean-Pierre Raffarin, président de la Fondation Prospective et Innovation, a lancé l’idée d’une intitiative nationale, associant la Caisse des Dépôts et Oséo, pour apporter, au cas par cas, les concours nécessaires à ces PME de croissance.
Un colloque est annoncé le 17 novembre pour approfondir la question.

Spéculation vs économie réelle

Cette sollicitude est d’autant plus légitime qu’il ne s’agit pas de secourir des "canards boiteux" ni de mettre sous respiration artificielle des entreprises à bout des souffle. Au contraire : ces "locomotives de notre économie" sont plutôt innovantes et ont fait preuve de pérennité puisqu’elles ont 29 ans de moyenne d’âge (on est loin des start-up vibrionnantes).

Au delà des dispositifs spécifiques que méritent ces championnes de la croissance (généralement méconnues du grand public et ignorées par les grands médias), il est important que ne soient pas oubliées les millions de TPE et de PME qui créent de la valeur au quotidien dans l’économie réelle -et non dans la spéculation echevelée !. Et qu’elles puissent trouver, elles aussi, les financements nécessaires à leur cycle d’exploitation et à leur développement.

Le 2 octobre, la Présidence de la République a annoncé un «  plan de soutien au financement des entreprises  », susceptible de mobiliser quelque 22 milliards d’euros. Sous forme de fonds supplémentaires et de garanties apportés par OSEO (ex BDPME-Sofaris) et en "laissant à la disposition des banques une partie de l’épargne collectée sur les LEP et Livrets de dévelopement durable (ex Codevi) pour être affectée au financement des PME"...
Encore faut-il que les banques commerciales jouent le jeu.
Qu’elles ne soient pas tentées d’améliorer leurs ratios prudentiels... sur le dos des entreprises.
Voir nos infos en Une.

Jacques Gautrand

- Lire le communiqué de l’Elysée sur le Plan de soutien au financement des entreprises.

Notes :
[1] De juin 2007 à juin 2008, soit le niveau le plus haut depuis dix ans. Source : Euler Hermes Sfac, septembre 2008.

[2] « Les PME qui grandissent - Qui sont-elles ? Pourquoi sont-elles si performantes ? » KPMG Entreprises - Septembre 2008.

Le Medef a fait le 30 septembre 16 propositions pour faciliter l’accès des PME au crédit : qu’il s’agisse de financer leur besoin en fonds de roulement (trésorerie à court et moyen terme), ou leurs investissements, de renforcer leurs fonds propres ; en proposant aussi une réduction des délais de paiement du secteur public, ou d’accélérer le remboursement de la TVA, deux mesures qui sont du ressort des autorités publiques...
Voir les 16 propositions du Medef.

-  Faites-nous part de vos commentaires : jgautrand(arobase)consulendo.com

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 Jacques Gautrand Conseil

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Post-Scriptum :

On relèvera dans l’étude de KPMG que ces PME championnes de la croissance ne sont qu’une minorité à avoir ouvert leur capital à des investisseurs extérieurs.
La première raison invoquée ? A près de 40%, le PME expliquent leur attitude par une "méconnaissance des investisseurs en private equity"...
Il reste donc encore un sacré travail de pédagogie et de persuasion à accomplir par les fonds d’investissement !

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