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Création d’entreprise : un nouveau mode de mobilité professionnelle ?
Par Gabrielle Denis
 

La création d’entreprise séduit de plus en plus de Français. Comment expliquer cet engouement dans un pays de tradition étatique, où le salariat est considéré comme la voie royale de la vie professionnelle ?
Le point de vue de Gabrielle Denis, experte en entrepreneuriat et consultante en développement local.

Depuis 2002, l’entrepreneuriat a le vent en poupe en France. Alors que dans les années 1990, quelque 170 000 personnes par an se mettaient à leur compte, en 2007, on a atteint le nombre record de 321 478 créations d’entreprises. Sur les cinq dernières années, la croissance est de 50 % !

Comment expliquer cet engouement soudain de nos compatriotes en faveur de la création d’entreprise ?
Avançons deux hypothèses.

La première tient, bien sûr, à un changement du cadre législatif et réglementaire qui a facilité la création, notamment les deux lois Dutreil, celle du 1er août 2003 sur l’initiative économique et celle du 2 août 2005 en faveur des PME. Outre des simplifications administratives (le parcours du combattant des petits créateurs !) et des allègements fiscaux et sociaux, ces lois – et d’autres - ont créé des passerelles entre la fonction de chef d’entreprise et les différents statuts sociaux.
Aujourd’hui, il est beaucoup plus facile de démarrer une activité en étant salarié, demandeur d’emploi, fonctionnaire ou retraité et de revenir à son statut précédent en cas d’échec. Il n’est pas si loin le temps ou l’Assedic refusait de considérer la création d’entreprise comme une « démarche active de recherche d’emploi » et donc supprimait leurs allocations aux créateurs. Aujourd’hui, elle leur propose de leur verser la moitié de leurs droits acquis en deux fois pour investir dans leur nouvelle affaire !
La création, en 2009, du statut de "l’auto-entrepreneur" devrait contribuer à fluidifier encore le passage du salariat à l’entrepreneuriat, à le banaliser peut-être, comme c’est déjà le cas dans d’autres pays.

Changement sociétal

Mais ce boom de l’entrepreneuriat n’aurait pas pu avoir lieu sans un changement profond des mentalités et de la société. Le temps du salariat à vie est bel et bien terminé. Si, la génération de nos parents pouvait rester dans la même entreprise, au même poste jusqu’à la retraite, aujourd’hui cela n’est plus guère possible. Le modèle fordiste du travail à plein temps en CDI dans un grand groupe industriel a vécu.
Aujourd’hui, on passe plus fréquemment par la case chômage, on change plus fréquemment d’emploi, de fonction, de métier, d’entreprise, de région, voire de pays.

Parallèlement, la gestion des ressources humaines est de plus en plus individualisée par les DRH. La flexibilité du travail, la précarisation des emplois (12 % des personnes qui travaillent le font sous une forme précaire selon l’INSEE !), les difficultés d’insertion économique de certains catégories (toujours les mêmes : les plus jeunes, les plus vieux, les femmes et les non diplômés) ont profondément changé les relations employeurs-employés. Les salariés prennent leurs distances avec la culture d’entreprise. Ils sont plus exigeants vis-à-vis de leur patron dont ils n’attendent plus seulement un salaire, mais également du respect, de la formation, du développement personnel. Ils cherchent aussi à mieux équilibrer leurs vies privée et professionnelle, dont la frontière est de plus en plus poreuse. Et ils veulent redonner du sens à leur travail.

Dans ce contexte mouvant, la création d’entreprise s’impose comme une option souple, individuelle, réactive, qui s’intègre bien dans ce monde nouveau de la mobilité professionnelle en pointillé.

Un jour je suis salarié, le lendemain je suis chômeur, le surlendemain je crée mon entreprise. Et ainsi de suite. Les entreprises ont peur de recruter et préfèrent sous-traiter ? Pas de problème, je leur propose mes services comme consultant indépendant ou j’externalise ma fonction ! Le boom de l’entrepreneuriat serait donc une tendance lourde, sociétale, bien plus qu’une mode passagère.

Gabrielle Denis Gabrielle Denis est consultante en développement économique des territoires.

- Découvrez son blog

Gabrielle Denis est l’auteur du livre Créer son entreprise , éditions J’ai Lu, 2007.

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