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ENJEUX & PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES
Conjoncture 2014 & perspectives 2015 :
Les PME peinent à entrevoir la reprise ...
 

Deux études*, publiées fin juillet, confirment ce que chacun peut ressentir au quotidien : l’activité économique stagne ; la situation des TPE est très préoccupante ; le climat de confiance fait défaut ; les soldes d’été ont été décevants ; les demandes de délais de paiement augmentent auprès de l’Urssaf... Malgré le volontarisme qui les caractérise, les dirigeants de PME ont bien du mal à entrevoir la reprise au cœur de l’été 2014.
État des lieux et perspectives.

* 55ème édition du Baromètre des TPE Fiducial-Ifop et 59ème enquête semestrielle de conjoncture de Bpifrance Le Lab - Juillet 2014

Les dirigeants de TPE ont du mal à voir le bout du tunnel...

85 % des dirigeants de TPE sont pessimistes sur la situation de la France et surtout 64 % le sont pour l’avenir de leur activité. Les deux scores les plus négatifs depuis la création du baromètre Fiducial Ifop en 2000 (1).

La situation financière des TPE est également perçue comme inquiétante, avec un indicateur trimestriel (- 32) au plus bas niveau historique, en recul de 7 points en l’espace de trois mois.

Près de 4 patrons sur 10 (39 %) jugent leur situation préoccupante, en hausse de 9 points depuis janvier 2014, et jusqu’à 52 % dans les services aux entreprises. Il faut remonter en avril 2010 pour retrouver un tel niveau d’inquiétude...

Telles sont quelques unes des observations de la 55ème édition du Baromètre des TPE, l’enquête de conjoncture trimestrielle réalisée par l’IFOP pour Fiducial auprès des TPE (très petites entreprises de moins de 20 salariés).

Tensions de trésorerie stables et durcissement des conditions bancaires :

« Les conséquences sur la trésorerie semblent pour l’instant contenues, note Fiducial, même si 26 % des TPE sont dans le rouge (résultat stable), 26% sont en excédent (-2 points) et 48% à l’équilibre(+2 points).

Pour autant, leur situation de trésorerie varie peu par rapport au trimestre précédent : 26% des dirigeants déclarent être en déficit.

Les relations avec les banques sont, elles aussi, stables, avec des scores identiques à ceux de la dernière vague : 15% des interviewés ont ressenti plus de difficultés en termes d’accès au crédit depuis trois mois. 14% ont réalisé une demande de financement dans cette période et 58% ont subi au moins une mesure de durcissement, avec une baisse des refus de prêt mais une augmentation des demandes de garanties et des conditions de taux. »

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que la situation ne s’améliore pas sur le front de l’emploi : il s’agit du 4ème trimestre de baisse consécutif.

« Même si le taux d’embauche s’est accru d’un point en un trimestre, à 10 %, les suppressions dépassent une fois encore les créations de postes (-2 points). Et les réductions d’effectifs ont été nombreuses entre avril et juin : 8 % des patrons de TPE déclarent avoir supprimé au moins un poste, principalement en CDI. Ce résultat contraste fortement, commente Fiducial, avec ce que les chefs d’entreprise avaient prévu pour ce trimestre : une création nette d’emplois de +2,5. Plus réalistes pour le prochain trimestre, les patrons anticipent d’ores et déjà des destructions de postes sur la période estivale avec une création nette prévue à -0,5 entre juillet et septembre. »

Défiance à l’égard du gouvernement Valls

Seulement 19 % des sondés déclarent avoir confiance dans les actions du gouvernement, une cote de confiance en recul de 14 points en trois mois. Ils sont uniquement 16 % à penser que l’exécutif prend en compte les préoccupations des chefs d’entreprises... Ils étaient pourtant 66 % à approuver la nomination du Premier ministre lors du précédent Baromètre des TPE.

La situation des PME selon Bpifrance - Le Lab

Il est éclairant de compléter ce sondage avec les observations de la 59ème enquête semestrielle de conjoncture des PME Bpifrance Le Lab, rendue publique le 29 juillet 2014 (2).

L’activité des PME devrait se stabiliser en 2014 avec une prévision de hausse moyenne de leur chiffre d’affaires de + 0,3 % en 2014 (soit une quasi stagnation !).

Pour 2015, 32% des dirigeants anticipent une hausse de leur activité, tandis que 15% craignent une baisse.

« Ces anticipations, précise Bpifrance, sont toutefois très hétérogènes selon les secteurs d’activité - ceux relevant de l’industrie affichant une meilleure confiance -, selon la taille des PME et selon leur caractère innovant ou internationalisé. »

 Les dirigeants de PME prévoient, au global, une stabilisation de leur activité en 2014. Une amélioration plus franche se dessine pour les PME de grande taille, celles qui innovent ou ont une activité importante à l’international

Les perspectives sont beaucoup plus difficiles pour les TPE, notamment dans les secteurs « B to C ».

Les effectifs ont cessé de diminuer pour la première fois depuis la mi-2012, leur croissance dans les moyennes entreprises compensant leur baisse dans les TPE.

 Les trésoreries se sont sensiblement détendues au cours des premiers mois de l’année, tandis que l’accès aux crédits de trésorerie a été un peu plus aisé.

La rentabilité a été médiocre en 2013. L’indicateur de la rentabilité ressort ainsi à -14, en baisse de 3 points en un an. Les résultats sont jugés en recul dans toutes les tailles d’entreprise sauf dans celle de 100 à 249 salariés.  Après avoir sensiblement limité leurs investissements en 2013, les PME prévoient une moindre réduction cette année : toutefois, 31% des entreprises prévoient une baisse des dépenses d’investissement et 22% une augmentation.

Les PME qui exportent et qui innovent s’en sortent mieux que les autres ...

Michel Barreteau, responsable d’études économiques au sein de la direction de l’évaluation des études et de la prospective de bpifrance, commente : « Les PME sont d’autant plus optimistes pour 2014 ou 2015 qu’elles sont situées en amont du système productif, qu’elles sont innovantes et exportatrices.

Entre la situation des PME et des ETI, on observe quelques points communs notamment concernant leur activité. Tout ce qui est lié à la consommation des ménages par exemple reste difficile. Cela s’explique par le taux de chômage élevé qui est l’une des raisons pour laquelle l’appétence pour la consommation est bridée. »

L’ACTIVITÉ EN 2014 ET LES PERSPECTIVES POUR 2015

32% des dirigeants de PME prévoient une augmentation de leur chiffre d’affaires en 2014 et 28% une baisse. L’indicateur courant d’activité ressort à +4, en hausse de 12 points par rapport à novembre 2013. Il est positif pour la première fois depuis la mi-2012 mais encore très en dessous de sa moyenne de long terme (+20,3).

La croissance annuelle du chiffre d’affaires est prévue à +0,3% en moyenne, après des reculs estimés à -0,9% en 2013 et -0,3% en 2012. Le léger rebond se limite aux secteurs situés en amont du système productif, comme les services aux entreprises, les transports et l’industrie.

- Les entreprises exportatrices connaissent pour leur part une franche accélération de leur activité. Elles anticipent une progression de +3,1% en moyenne de leur chiffre d’affaires en 2014, après une croissance nulle ou presque en 2013.
De même, les PME qui innovent prévoient une hausse de +3,0% en moyenne de leur chiffre d’affaires en 2014, après +1,0% en 2013.

Pour 2015 : une modeste accélération de l’activité attendue :

32% des dirigeants anticipent une hausse de leur activité en 2015 tandis que 15% craignent une baisse. L’indicateur avancé de l’activité s’établit donc à +17. À ce niveau, il progresse de 11 points en un an mais demeure très en dessous de sa moyenne de long terme (+29).

- Les anticipations ne sont significativement positives que dans les secteurs en amont du système productif et tout juste positives dans les secteurs des services aux particuliers, du commerce, de la réparation automobile et du tourisme.

Les perspectives s’améliorent avec la taille de l’entreprise. Ainsi, l’indicateur avancé de l’activité croît de +6 pour les TPE à +37 pour les entreprises de 50 à 249 salariés.

Les PME exportatrices et celles qui innovent sont toujours beaucoup plus optimistes que les autres.

L’EMPLOI

Les créations de postes dépassent très légèrement les suppressions pour la première fois depuis la mi-2012 : en mai 2014, 19% des PME annoncent une augmentation du nombre de leurs salariés par rapport à fin 2013 et 17% une diminution. À +2, l’indicateur courant d’emploi progresse de 5 points en six mois. Il est sorti de la zone négative mais se situe encore à 6 points en dessous de sa moyenne de long terme (+8,2).

- Les PME exportatrices créent des emplois contrairement aux autres. Et les créations de postes s’accélèrent aussi dans les entreprises innovantes. 27% des PME innovantes ont accru leurs effectifs depuis le début de l’année et 15% les ont réduits.

- En 2015, les embauches pourraient s’accélérer : 21% des PME envisagent d’accroître leurs effectifs l’année prochaine, tandis que 11% prévoient de les réduire.

- Les anticipations de création nette d’emplois augmentent avec la taille des PME. Les PME innovantes et exportatrices devraient accélérer leurs embauches, contrairement aux PME qui ne sont ni innovantes ni exportatrices.

UNE SITUATION FINANCIÈRE CONTRASTÉE

Les trésoreries se sont sensiblement détendues depuis fin 2013. En mai 2014, 60% des PME considèrent « normale ou aisée » la situation de leur trésorerie récente, soit 3 points de plus qu’en novembre 2013.

- Les trésoreries se sont assouplies dans tous les secteurs, excepté la construction et le tourisme. Les tensions de trésorerie ont surtout diminué dans les entreprises de plus de 50 salariés.

- L’accès aux crédits de trésorerie est un peu moins difficile début 2014 qu’au second semestre 2013(3). La situation s’est améliorée au cours des six derniers mois pour les PME de 10 à 249 salariés ; 22% d’entre elles se disent affectées par des restrictions, mais 29% pour les TPE.

- La rentabilité a été médiocre en 2013. Ainsi, 34% des dirigeants considèrent « mauvais » les résultats de leur entreprise en 2013 tandis que 20% les jugent « bons » .

L’indicateur de la rentabilité ressort ainsi à -14, en baisse de 3 points en un an.

Les résultats sont jugés en recul dans toutes les tailles d’entreprise sauf dans celle de 100 à 249 salariés.

- Une stabilisation des résultats est attendue en 2014. 20% des dirigeants anticipent une amélioration de la rentabilité pour l’exercice en cours et 23% une dégradation. L’indicateur prévisionnel de la rentabilité est donc tout juste négatif, à -3, conséquence de la timide amélioration du climat des affaires.
Les moyennes entreprises anticipent pour leur part une progression de leurs résultats, les TPE une nouvelle érosion.

- 12% des dirigeants anticipent un assouplissement de la situation de trésorerie au cours des six prochains mois, tandis que 24% prévoient un durcissement.
Les craintes de tensions sur les trésoreries se réduisent dans tous les secteurs d’activité, notamment ceux les plus en amont du système productif.

INVESTISSEMENTS

Un ralentissement de la baisse des investissements en 2014 : 44% des PME « ont déjà investi ou prévoient d’investir dans l’année ». 31% des entreprises prévoient une baisse des dépenses d’investissement et 22% une augmentation.

Les PME exportatrices et innovantes ont stabilisé leurs investissements contrairement aux autres.

- L’accès aux crédits d’investissement est difficile pour un peu plus d’une PME sur dix. La fragilité financière de l’entreprise apparaît toujours comme la principale cause de refus, mais l’appartenance à un secteur d’activité considéré comme risqué constitue de plus en plus un obstacle.

Enfin, malgré la relative prudence des projets d’investissement prévus en 2014, les PME souhaitent limiter à 35% la part de l’autofinancement, tout comme en mai 2013. En effet, le faible coût du crédit semble particulièrement favorable à l’endettement, alors que la majorité des PME ne se considèrent pas trop endettées actuellement.

Notes :

(1) 55ème édition du Baromètre des TPE, enquête de conjoncture trimestrielle réalisée par l’IFOP pour Fiducial auprès d’un échantillon de 1002 dirigeants représentatifs des TPE (très petites entreprises de 0 à 19 salariés)

(2) Rendue publique le 29 juillet, la 59ème enquête semestrielle de conjoncture de Bpifrance Le Lab a été réalisée par interrogation de 28 000 entreprises de 1 à 249 salariés début mai 2014. L’analyse s’appuie sur un échantillon de 4 092 réponses reçues avant le 7 juin.

(3) La FBF (Fédération bancaire française) précise : « Les crédits aux TPE/PME ont évolué de + 1,2% sur un an (à fin mai 2014), pour un total de 362,2 milliards d’euros2, et de + 2,1% pour les seules TPE. (source : Banque de France, juillet 2014). Ils représentent 45% des crédits octroyés aux entreprises.

7% des PME ont demandé un nouveau crédit de trésorerie et 20% un nouveau crédit d’investissement au 2ème trimestre 2014. 71% des PME ont obtenu les nouvelles lignes de trésorerie demandées au 2ème trimestre 2014 et 89% pour les crédits d’investissement.

10% des TPE seulement ont demandé un nouveau crédit de trésorerie au cours du 1er trimestre 2014 et 61% ont obtenu satisfaction. Pour les crédits d’investissement, 10% des TPE ont également fait appel à un nouveau crédit, avec un taux d’obtention de 84%

Les taux pratiqués aux PME sont inférieurs à la moyenne européenne : taux moyen de 2,23% en France (3,79% pour la zone euro). (source : BCE -Taux d’intérêt des nouveaux crédits inférieurs à 1 million € pratiqués en avril 2014). »

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