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Bernard Brizay -
« La France en Chine »
Editions Perrin - 2013
 

Les relations entre la France et la Chine sont plus anciennes qu’on ne le croit généralement. Tout commence avec Louis XIV, qui envoie des savants missionnaires jésuites à la cour de l’empereur Kangxi, avec le fol espoir de convertir le souverain et ses sujets au catholicisme ... La présence française, dans l’Empire du Milieu, alors relativement pacifique, deviendra, au XIXe siècle, beaucoup plus agressive : trois fois en guerre avec la Chine, la France participe aux côtés de la Grande-Bretagne au tristement célèbre sac du palais d’Eté en 1860 ...
Avec De Gaulle, la France devient la première puissance occidentale à reconnaître la Chine de Mao en 1964. Pour autant cela ne lui donnera pas un réel avantage économique et commercial dans cet immense pays lorsqu’il se tournera vers l’économie de marché au milieu des années soixante-dix. La balance commerciale nous est toujours très défavorable ...

Journaliste et historien, excellent connaisseur de la Chine où il réside souvent, Bernard Brizay nous raconte, dans son nouveau livre, l’évolution des rapports franco-chinois de 1685 à nos jours.
Rémy Arnaud nous en donne la synthèse ci-dessous.

Editions Perrin 2013

Bernard BRIZAY
« La France en Chine - Du XVIIe siècle à nos jours » *

Par Rémy Arnaud

Voici un livre qui satisfera la curiosité de tous ceux, de plus en plus nombreux, à être fascinés par cet immense pays-continent de 1,4 milliard d’habitants.

Un pays qui teint une place grandissante dans la géopolitique mais plus prosaïquement dans notre vie quotidienne dominée par l’omniprésence du « Made in China » et les effets de la "mondialisation" auxquels on attribue en partie les malheurs de notre industrie.

L’auteur, Bernard Brizay, historien de formation n’est devenu que tardivement un amoureux de la Chine, à l’issu d’une longue carrière de journaliste politique (Entreprise, Le Figaro, Antenne 2). C’est à la faveur d’un voyage privé en Chine qu’il allait s’éprendre de ce pays qui en a envoûté bien d’autres. Son premier livre, « Le Sac du Palais d’Été » - à ne pas confondre avec le roman de Pierre-Jean Rémy - fut un grand succès en Chine grâce à sa traduction. Les Chinois avaient apprécié qu’un historien français se penche sur cet épisode de leur passé qui fut pour eux une terrible humiliation infligée par les militaires français et britanniques en 1860.

La double formation de l’auteur - historien et journaliste - contribue à rendre ce livre aussi riche que vivant. Il est vrai que le sujet, vaste et plein d’épisodes pittoresques, s’y prêtait particulièrement.

L’ouvrage évite l’écueil d’un récit chronologique qui aurait pu s’avérer fastidieux : « La France en Chine » se présente au contraire comme un ensemble de chapitres traitant chacun un aspect de cette longue saga franco-chinoise qui s’étend sur trois siècles. Bernard Brizay ne manque pas de rappeler que la Chine est restée longtemps un continent mystérieux.

La Chine : 30% du PIB mondial ... il y a trois siècles. Déjà !

Au dix-septième siècle, on connaissait mieux les Amériques que cet immense pays fermé sur lui-même et peu enclin à accueillir des étrangers. Il fallut attendre Louis XIV pour que des relations entre les deux pays s’établissent, des savants furent mis au service de l’empereur de Chine : astronomes, mathématiciens.

Mais cette pénétration intellectuelle et religieuse - les deux allaient de pair , dans laquelle les Jésuites ont joué un rôle prépondérant - ne fut jamais suivi d’une pénétration économique et commerciale à l’échelle de ce pays. Celui-ci, ne l’oublions pas, représentait 30% du PIB mondial il y a trois siécles, avant que la révolution industrielle du 19éme siècle ne donne la richesse, et donc le pouvoir, aux pays européens, à commencer par la Grande-Bretagne et la France. Ces deux pays firent beaucoup de misères au Chinois qui ont toujours du mal à oublier le sac du Palais d’Eté (1860) ou la répression qui suivit, en 1900, la guerre des "Boxers".

Présence française : du 19ème siècle à la reconnaissance de la Chine de Mao par De Gaulle

Mais ces épisodes guerriers n’empêchèrent pas la France de pénétrer économiquement le pays dés le dix neuvième siècle. Les Français avaient créé un arsenal à Fushou, ville où l’écrivain Paul Claudel fut consul. La Banque de l’Indochine fit des affaires dans le pays. Les Messageries Maritimes reliaient Marseille à Shangaï, Fives-Lille participait à la construction de chemins de fer ...

La France avait bénéficié simultanément de quelques concessions territoriales dont la plus emblématique fut celle de Shangaï qui fit les beaux jours de cette métropole de sa création en 1849 à sa fermeture à la suite de l’invasion japonaise en 1937.

Bernard Brizay s’attarde un peu sur l’histoire devenue légendaire de cette concession , un des épisodes les plus brillants de notre présence en Chine : n’appelait-on pas Shangaï « le Paris de l’Orient » ?

Le pays n’a toutefois jamais constitué pour la France un marché de première importance. Probablement à cause des efforts effectués pour coloniser l’Afrique et l’Indochine. En Extrème-Orient, notre chasse gardée fut avant tout ce teriitoire qui était une colonie à part entière.
De plus le chemin de fer qui devait favoriser la pénétration de la Chine depuis l’Indochine ne fut pas un succès...

Les Britanniques, plus entreprenants, avaient vu plus grand en se faisant octroyer une concession de 99 ans sur Hong-Kong qui deviendra en un peu plus d’un siècle une des grandes plate-tournantes du monde des affaires en Extrême-Orient...

Mais l’événement majeur des relations franco-chinoises, sur lequel s’attarde Bernard Brizay, fut la reconnaissance de la Chine par le général de Gaulle en 1964, premier chef d’état occidental à accomplir la démarche. Celui-ci, visionnaire comme il le fut souvent , avait compris le potentiel de ce pays communiste qui tôt au tard allait devenir une grande puissance.
Comme allait l’annoncer avec force, quelques années plus tard, Alain Peyrefitte, un de ses anciens ministres.

Ces bonnes dispositions politiques et le dynamisme des grands groupes français ouverts sur le vaste monde ont favorisé l’implantation des grandes enseignes française en Chine : dans la distribution (Auchan, Carrefour), le pétrole (Total), l’engénierie (Technip), le ciment (Lafarge), l’automobile (Peugeot), le matériel ferroviaire (Alstom) , l’aéronautique (Airbus) , le transport aérien (Air France fut en 67 la pionnière des liaisons vers la Chine) le transport maritime (CMA-CGM) ...
Malgré tout, ces investissements n’ont pas encore assuré à la France une place prépondérante dans ce pays où elle est invariablement devancée par le Japon et surtout l’Allemagne.

Une balance commerciale très défavorable

De plus les échanges commerciaux , même en progression rapide (la Chine n’était que notre quarantième partenaire commercial au début des années 80) restent très déséquilibrés. En 2012 si La Chine a été notre 7ème client avec un montant d’exportations de 21 milliards d’euros, dans le même temps elle est devenue notre deuxième fournisseur, nos importations en provenance de ce pays atteignant un montant deux fois supérieur. 42 milliards d’euros.

Avec un déficit commercial de 21 milliards d’euros avec la Chine, la France sait ce qu’il lui reste à faire  : multiplier les efforts pour accroître ses parts de marché dans ce pays. Nos concurrents s’y sont attelés. La solution à la crise actuelle en Europe, et à notre déficit structurel de croissance, passe sans doute aussi par une conquête de l’immense marché chinois avide de consommation.

L’histoire des relations franco chinoises ne fait peut-être que commencer.

Rémy Arnaud

* « La France en Chine », de Bernard Brizay
Editions Perrin - 2013 - 556 Pages - 26 euros

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