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Tribune
A propos du "bonheur au travail" ...
Par André-Yves Portnoff *
 

L’excellent documentaire de Martin Meissonnier diffusé par Arte le 24 février 2015, montre, à travers des témoignages d’entreprises dans plusieurs pays (Chrono Flex et Favi en France), qu’un management humaniste, respectueux des personnes, est la clé de la performance globale. Faire confiance aux collaborateurs, libérer leur initiative, leur inventivité, réduire les niveaux hiérarchiques, alléger ou supprimer les procédures bureaucratiques de reporting et de contrôle généralisé (qui se sont hélas intensifiées avec les TIC !) ... tels sont les chemins prometteurs de l’entreprise du 21ème siècle, aux antipodes de l’usine-caserne taylorienne qui reste, malheureusement encore, un modèle en vigueur.
Nous publions, sur ce sujet, le commentaire du prospectiviste André-Yves Portnoff, de Futuribles international.*

« La promotion d’un management par le sens et la confiance, passage obligé pour retrouver une économie saine et gagner la bataille de l’emploi ! »
André-Yves PortnoffPar André-Yves Portnoff *

Arte a donné une certaine légitimé dans les médias au thème du « bonheur au travail » avec l’excellente émission de Martin Meissonnier.

Ce documentaire démontre, exemples concrets à l’appui, que des entreprises sont compétitives dans la durée grâce, et non pas malgré, une politique s’appuyant sur les hommes. Non pas fictivement, dans leur stratégie de communication, mais réellement dans leurs organisations et leurs méthodes de management, fondées sur le respect de la dignité de chacun, sur l’écoute, sur le sens que l’on donne au travail. Chacun a le sentiment que ce qu’il fait n’est pas contre-productif et sert une cause qu’il approuve. Ce qui lui donne le sentiment de ne pas gâcher du temps de sa vie et de réussir quelque chose.

On en est loin dans la majorité des entreprises ! Le dernier baromètre Cegos sur le climat social révèle que moins de la moitié des salariés français :

- trouvent que l’organisation leur « permet un travail de qualité »,
- comprennent « l’intérêt des méthodes et procédures qu’on leur demande d’appliquer »,
- considèrent les objectifs fixés « réalistes et atteignables »...

Il manquait à l’émission d’Arte une conclusion pratique, opérationnelle. Elle est pourtant claire : pour sortir la France et l’Europe du marasme, il faut que la majorité des organisations publiques et privées rompent avec des pratiques bureaucratiques, cloisonnantes, basées sur la méfiance et un contrôle mesquin des procédures, tout ce que dénonce l’émission d’Arte.

Nous ne pouvons plus nous permettre ce formidable gâchis.
Il ne profite qu’aux parasites et à une infime minorité d’acteurs qui s’enrichissent dans le court terme en nous enfonçant de crise en crise.

Alors, agissons ! Libérons les intelligences !

Que l’Etat, premier employeur de France, lance une politique de rupture avec un taylorisme bureaucratique humainement haïssable et économiquement désastreux.

Cette bataille de la « Compétitivité par le Bonheur au travail » devrait être engagée sans délais dans le secteur public, qui donnerait ainsi l’exemple au secteur privé. La mise en place d’un management par le sens re-dynamiserait les salariés. L’un des moyens serait l’exploitation collective et participative d’un outil de créativité comme l’Analyse de la valeur et les méthodes dérivées ( cf. Manifeste Valeur(s)) en prenant garde à ne pas les dévoyer.

Suivons l’exemple du Président Obama. Il a imposé, en décembre 2013, à son Administration l’usage de l’Analyse de la valeur. Cela rendrait possible un « choc de compétitivité » par plus de transparence dans les décisions, des économies immédiates et un allègement réel des contraintes administratives non justifiées, là encore parce que tous les objectifs devront être explicités.

Ensuite l’Etat serait mieux placé pour conditionner ses aides par l’observation de bonnes pratiques en organisation et management des hommes. Et il ne perdrait plus de ressources en soutenant des entreprises en difficulté sans s’attaquer d’abord aux causes de leurs maux.

Et les dirigeants des grandes entreprises ne sont pas obligés d’attendre que le bon exemple vienne de l’Etat. Tout dépend de l’option qu’ils choisissent.
Adoptent-ils une stratégie de développement dans le long terme et profitant à toutes leurs parties prenantes ? Ou préfèrent-ils rester dans la course aux profits personnels à court terme au détriment des entreprises et de la société ? Ce qui ne peut mener qu’à de nouvelles crises et n’est ni économiquement, ni socialement, ni politiquement durable, comme l’a dit et répété le Financial Times.

André-Yves Portnoff

P.S. Tout cela, nous l’avons aussi dit et répété :

- Futuribles a publié un dossier avec une galerie « des acteurs et des pratiques exemplaires », version papier par anticipation de l’émission d’Arte (n° 374 – mai 2011).
- Avec Hervé Sérieyx,( dans Aux actes, citoyens ! ) nous avons brossé un tableau de ce qui pourrait être fait. (...)
Depuis, des dizaines d’études, les voix d’Yann Algan, Pierre Cahuc, Alain d’Iribarne, François Dupuy, Alex Edmans, Pierre-Yves Gomez, Thomas Philippon, Alain Soupiot, pour ne citer qu’eux, se sont élevées pour répéter chacun à sa façon le même message : la promotion d’un management par le sens et la confiance est le passage obligé pour retrouver une économie saine et gagner la bataille de l’emploi. Et enrayer la montée des populismes menant à des troubles sanglants.

- Lire aussi : « Pour relancer l’économie, un management du bonheur au travail », et « Qu’est-ce qu’un bon travail ? ».

- Et sur Consulendo.com : Le "Slow-Management", facteur de bien-être au travail ?

* André-Yves Portnoff est directeur de l’Observatoire de la Révolution de l’intelligence à Futuribles international, et professeur associé MBA HEG Fribourg, en Suisse. Il est aussi l’auteur d’un blog.

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